Equipe de France: Le Luxembourg peut (va?) battre les Bleus, et on est très très sérieux

FOOTBALL Trop d'humilité est demi-orgueuil (proverbe yiddish)...

Aymeric Le Gall

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Luc Holtz, le sélectionneur du Luxembourg, en juin 2015, à Lviv.
Luc Holtz, le sélectionneur du Luxembourg, en juin 2015, à Lviv. — SERGEI SUPINSKY / AFP

Les vrais savent. Corentin Tolisso et Laurent Koscielny, présents jeudi en conférence de presse avant le déplacement au Luxembourg dans le cadre des éliminatoires au Mondial 2018, ont prévenu : il est hors de question de prendre la sélection de Luc Holtz (aucun lien de parenté avec Gérard) à la légère.

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Bon en vrai, entre eux, bien à l’abri des micros dans les salons feutrés du château de Clairefontaine, il n’est pas impossible que les Bleus tiennent un autre discours. Mais officiellement, le mot d’ordre c’est respect, méfiance et humilité.

Malheur aux suffisants

Pourtant, comme le disait ce cher Abdeslam Ouaddou, on ne va pas brûler la peau de l’ours avant de l’avoir vendue. Non, il n’est pas impossible que les joueurs du Grand-Duché déjouent les pronostics et battent l’équipe de France.

Et comme on vous voit vous marrer derrière vos écrans, on va tout de suite vous faire redescendre du nuage de suffisance sur lequel vous vous êtes perchés. Voici au moins cinq raisons d’avoir (un peu) les jetons.

1. La joyeuse incertitude du football, c’est du mou de veau ?

Si le foot est le sport le plus populaire du monde, c’est d’abord grâce aux émotions qu’il procure à ses fans. Et quoi de plus beau que de voir le petit mettre une mandale au gros ? Surtout en France. Dans un pays qui adore les histoires à la « David et Goliath » et qui se délecte des exploits des petits poucets en Coupe de France, il serait malvenu de prendre de haut la 135e nation du foot au classement Fifa.

Si Calais a pu arriver en finale au Stade de France en 2000, si Clermont a pu fumer le PSG en 1997, si Carquefou a pu croquer Marseille en 2008, alors pourquoi le Luxembourg ne pourrait pas réaliser l’exploit face à la France ? Hein, pourquoi ? N’oubliez jamais ce que disait Thuram après son doublé au Mondial 98 contre la Croatie.

« Tout peut arriver dans le football, tout peut arriver. »

2. Souviens-toi l’été dernier

En écrivant ce papier, un nom résonne sans cesse dans nos têtes. « Islande, Islande, Islande. » On a vu pendant l’Euro 2016 ce qu’un pays qui compte plus de moutons que d’habitants peut faire aux grandes nations du football. Pour rappel, selon Wikipedia, la source la plus fiable du monde, le Luxembourg comptait en 2016 un peu plus de 576.000 âmes. CQFD.

3. Une jeunesse qui aime le ballon (dans un pays qui ne l’aime pas)

Si le peuple luxembourgeois n’est pas un grand adepte du foot, et le mot est faible, ça n’empêche pas le pays de voir arriver une nouvelle génération de gamins plutôt doués cuir aux pieds. Le plus prometteur d’entre eux se nomme Vincent Thill et joue au FC Metz.

Courtisé par le grand Bayern Munich, le joueur a préféré choisir les Grenats pour poursuivre sereinement sa progression. Mais Thill n’est pas seul. Avec lui, le jeune Martins Pereira, recruté par l’Olympique Lyonnais en 2013. Et de manière générale, à part à de rares exceptions, quand l’OL place ses billes sur un petiot, c’est que celui-ci vaut le détour. On ne s’éternise pas sur le jeune Chris Philips, à Metz lui aussi, qui est loin d’être dégueu.

4. Des résultats encourageants, une équipe qui se professionnalise

Il y a encore quelques années, nos voisins ne comptaient pas le moindre joueur pro au sein de la sélection. Mais ça, c’était avant. Depuis, ils sont une bonne dizaine à pouvoir répondre « oui » quand on leur demande si le foot est leur métier. Avec un entraîneur en place depuis 2010 et qui réalise un travail sérieux, le Luxembourg est peu à peu en train de s’extirper (à son rythme, hein) de la catégorie des sélections « ah-bon-ils-font-du-foot-là-bas ? »

De plus, le parcours du Lux’ lors des éliminatoires n’a pas de quoi faire rougir les rouges : un nul au Bélarus et deux courtes défaites contre la Suède (0-1) et les Pays-Bas (1-3). Et si le moment était venu de réaliser LE match référence ?

5. L’histoire comme avertisseur

Une gueule de bois vieille de 103 ans. Le 8 février 1914, alors que l’équipe de France pensait que son opposition face aux Luxembourgeois allait prendre des airs de ballade bucolique avec raclée à la clé, les Bleus sont tombés sur un os. Ou plutôt onze.

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Résultat ? Une défaite (5-4) et un retour au bercail avec la mine des mauvais jours. Bon d’accord, depuis, les Bleus n’ont plus jamais perdu le moindre match face à cette équipe. Mais si on va par là, on peut aussi dire qu’on n’a jamais été aussi proche d’une deuxième défaite contre les Lions Rouges.

>> Alors, on fait toujours autant les malins ? Tant pis… Au moins aura essayé.