JO 2016: Le sport est malade, la star des Jeux va encore être le dopage

JEUX OLYMPIQUES La compétition s'ouvre vendredi soir mais plusieurs signes nous inquiètent franchement...

Romain Baheux

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Les JO de Rio s'ouvrent vendredi soir mais ça parle beaucoup dopage.
Les JO de Rio s'ouvrent vendredi soir mais ça parle beaucoup dopage. — Charlie Riedel/AP/SIPA

De notre envoyé spécial à Rio,

Alors OK, on se prête au jeu des pronostics sur l’identité de l’ultime porteur de la flamme des JO. On se demande à quel point la population de Rio va profiter de l’événement. On s’amuse à déterminer le nombre de médailles potentielles de la délégation française. Mais franchement, on a du mal à ignorer que deux ans après des Jeux de Sotchi décrits depuis comme ceux d’un dopage organisé par le pays hôte, on se dirige vers une nouvelle compétition sulfureuse. Explications, alors qu’un boxeur irlandais et une volleyeuse italienne ont déjà été contrôlés positifs.

Rio ne répond plus

Ne parlez pas des Brésiliens à l’Agence mondiale antidopage. Depuis un mois, aucun de leurs athlètes n’a subi le moindre contrôle. Autant dire que pour préparer des Jeux à la maison, c’est plutôt confortable. « C’est inacceptable, dénonce le directeur adjoint de l’AMA, Rob Koehler, dans une interview accordée au Times. C’est un vrai problème. »

Les mis en cause arguent que l’absence de contrôle est uniquement due à la fermeture, fin juin, du laboratoire de Rio par l’AMA. Une histoire de problèmes de conformité. L’excuse passe mal d’autant que l’ancien conseiller antidopage du Brésil a révélé qu’une visite de contrôleurs a été refusée par le gouvernement, expliquant que cela « empêchait les athlètes de travailler ».

Les Russes s’en sortent (trop) bien

Vous souvenez du moment où on débattait de l’exclusion complète de la délégation russe de ces JO ? Ben on est bien loin de ce scénario. Devant sa TV du Kremlin, Vladimir Poutine pourra regarder 271 de ses compatriotes. « Dans la majorité des sports, l’équipe de Russie a été autorisée à concourir au complet », s’est félicité le boss du comité olympique russe Alexandre Joukov en citant, entre autres, l’équitation, la gymnastique, l’escrime, la boxe, le BMX ou le volley-ball.

Et sachez que ça n’est pas fini. Le Tribunal arbitral du sport, qui a déjà ordonné la réintégration de trois athlètes, bosse encore sur plusieurs appels de neuf sportifs russes, dont la nageuse Yulia Efimova, médaillée de bronze à Londres et suspendue en 2014.

L’auteur du rapport McLaren s'est faché tout rouge

Il est l’homme qui a montré, preuve à l’appui, que la Russie avait mis en place un dopage d’Etat en s’appuyant sur ses services secrets. Et il est en colère. Richard McLaren s’est exprimé vendredi dans les colonnes du Guardian et a assaisoné les décideurs, accusés d’avoir mal compris - ou mal voulu comprendre - ses analyses.

« Je n’ai pas fait ce travail pour creuser précisément et trouver quels athlètes ont pu se doper et ce qu’ils ont pu prendre, explique le juriste, tout en promettant une version finale de son travail en septembre. Ce rapport parle d’un dopage d’Etat, de manipulation des résultats, de permutations d’échantillons avant Londres 2012. Nous avons besoin d’un débat honnête pour comprendre ce qui n’a pas bien fonctionné. Le débat actuel n’est pas honnête, il est hystérique et politique. »

Chez les Bleus, ça grogne

Son rôle de porte-drapeau et le judo, ça va un moment. Titillé sur son éventuel agacement de voir des judokas russes jeudi soir, Teddy Riner a sorti une tiradeengagée sur le sujet. « Après les Jeux, on va essayer de faire passer une règle qui dit : « dopé = fin de carrière » , a lancé le champion olympique.

« C’est comme cela que cela devrait être dans tous les sports. Comment ça, tu es pris pour dopage et tu reviens ? Tu as triché, tu ne joues plus. C’est fini, ça devrait être ça dans toutes les fédérations. »

Le matin, c’est Pauline Ferrand-Prévot, l’une de nos chances de médaille en cyclisme, qui a défendu son tweet où elle s’en prenait la participation de la Britannique Lizzie Armistead et ses trois contrôles manqués en moins d’un an. « J’ai dit que le jugement était honteux, il faut que les règles soient les mêmes pour tout le monde, a jugé PFP. Tout le monde est d’accord avec moi dans le peloton et personne ne dit rien. » Ben oui, les JO doivent s’ouvrir tranquillement enfin.