Championnats du monde: Il y vingt ans, les Bleus gagnaient leur premier titre et écrivaient «le début de l’histoire»

HANDBALL En Islande, les Barjots de Daniel Constantini devenaient champion du monde en Islande…

B.V.
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Les Barjots après leur titre en 1995,
Les Barjots après leur titre en 1995, — PIERRE BOUSSEL / AFP

On vous parle d’un temps que les moins de 30 ans ne connaissent que grâce à Youtube. Celui qui a vu l’équipe de France de handball gagner son premier titre de champion du monde, il y a vingt ans en Islande. On les appelait les «Barjots», mais le surnom des «Précurseurs» aurait aussi collé: trois ans avant les Bleus du foot, plus de dix avant la dynastie des Experts, la bande à Daniel Costantini a écrit l’Histoire de la première équipe française de sport collectif championne du monde.

«Je me souviens très bien de ce moment-là, de cette finale (face à l’Islande), de notre joie et de notre fierté pour ce qui était la première fois, évoque avec émotion le sélectionneur actuel, Claude Onesta. C’était le début de l’histoire.» En passe de sortir de centre de formation à l’époque, le recordman de sélection en bleu Jérôme Fernandez enchaîne: «Ce jour-là, j’ai eu l’impression que le hand devenait l’un des sports majeurs en France, ce qui n’était pas le cas auparavant. C’est une grande étape de la magnifique aventure d’un sport qui est parti de l’inconnu jusqu’à devenir l’un des plus beaux représentants du sport français.»

De 200.000 à 550.000 licenciés

Car depuis, «Barjots», «Costauds» et «Experts» ont ajouté deux titres olympiques, trois mondiaux et autant d’Européens. «Aujourd’hui, les conditions ont changé, reprend Onesta. La principale réussite du handball, c’est que depuis 1995 on est presque plus sorti des podiums internationaux. C’est par ces résultats que le handball peut aujourd’hui se sentir plus fort et plus nombreux, que ce soit en termes de visibilité et de pratique. Il y a vingt ans, on était 200.000 licenciés. Aujourd’hui, nous sommes 550.000.»

Plus qu’un premier titre, les Stoecklin, Volle ou Richardson ont légué «des valeurs, une culture de la gagne, le respect des autres disciplines, des anciens, du staff, de la presse», décrit Fernandez, qui a intégré le groupe deux ans plus tard. «Grâce à ça, on a jamais oublié d’où vient ce sport, toutes les épreuves que les gens ont dû endurer avant qu’on en arrive à ce niveau-là de compétence.»