Referendum en Ecosse: Des Glasgow Rangers à Hamilton, le débat investit les clubs de foot

FOOTBALL Alors que les Ecossais voteront jeudi pour l’Indépendance (ou non)…

Antoine Maes
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Un supporter de l'Ecosse lors d'un match contre l'Allemagne, le 7 septembre 2014.
Un supporter de l'Ecosse lors d'un match contre l'Allemagne, le 7 septembre 2014. — Kieran McManus/BPI/REX

Indépendante sur les terrains de foot, et bientôt tout court? Alors que l’Ecosse s’apprête à décider si «oui» ou «non» elle s’affranchit de la tutelle anglaise, le débat de société s’est invité dans les clubs de foot locaux. Au pays d’Alex Ferguson, les tribunes du championnat sont aussi devenues des lieux où faire campagne. «Dans les stades, des banderoles, il y en a partout, raconte Mickaël Antoine-Curier, joueur du leader Hamilton. On a joué à Dundee, les fermiers avaient tondu leur pelouse "yes" ou "no". Mais ils ont beau être très chauvins, c’est quand même divisé».

Les derniers sondages annoncent un vote serré, mais le petit contingent des footballeurs expatriés ne devrait pas faire pencher la balance. «Je ne vote déjà pas en France, je ne vois pas pourquoi je le ferais ici. Mais quand même, je suis pour: je ne vois pas pourquoi l’Ecosse ne s’en sortirait pas toute seule, reprend l’attaquant formé au PSG. Je n’en suis pas sûr, mais s’ils sont indépendants, il y aura plus de sponsors, alors qu’en ce moment, ils vont tous sur la Premier League et ne s’intéressent pas à l’Ecosse».

«Ils sont comme ça ici: la Reine, le drapeau British… Loyal, comme ils disent»

Comme souvent ici, c’est à Glasgow que l’antagonisme est le plus fort. D’un côté le Celtic, pro-indépendance, dont les supporters ont brandi des pancartes «yes» le week-end dernier à la 18e minute du match contre Aberdeen, clin d’œil à la date du vote, le 18 septembre. De l’autre les Rangers, défenseurs du «no» jusqu’au bout des ongles. «Ils sont comme ça ici: la Reine, le drapeau British… Loyal, comme ils disent. Il y a deux ans, ils voulaient rejoindre l’Angleterre, même en 2e ou 3e division. Il n’y a pas de consigne officielle du club, mais ils ont quand même fait une tribune dans la presse, avec 11 légendes des Rangers qui disaient de voter contre», raconte Sébastien Faure, défenseur du club formé à l’OL.

Une position tranchée qui se manifeste évidemment le week-end lors des matchs, même en 2e division. Les fans des Rangers brandissent l’Union Jack en pleine partie, ou montent un tifo «better together». «A la fin de chaque match, nos supporters chantent le God Save the Queen. Evidemment, ils se font siffler, et les mecs d’en face se mettent à entamer Flower of Scotland», raconte Sébastien Faure. Lui ne votera pas -«je ne me sens pas légitime»- mais assure que dans son club «tous les gens du staff vont voter "non", sauf deux ou trois. Et ça ne crée pas de souci: vous avez bien des amis de droite ou de gauche, d’autres qui votent FN ou extrême gauche, bon, c’est comme ça.» Mais quand on est supporter des Rangers, un pote fan du Celtic, c’est encore beaucoup plus embêtant.