Coupe du monde 2014: C’était si bien que ça?

FOOTBALL Retour point par point sur un Mondial qu’on n’oubliera pas de si tôt…

B.V. à Rio (avec AFP)

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Le Maracana le soir de la finale, le 13 juillet 2014
Le Maracana le soir de la finale, le 13 juillet 2014 — Hassan Ammar/AP/SIPA

De notre envoyé spécial à Rio (Brésil),

«9,25 sur 10». Voilà la note adressée au Brésil en rigolant par Sepp Blatter, le président de la Fifa, pour cette Coupe du monde. C’est un peu mieux que le 9 qu’il avait donné à l’Afrique du Sud, il y a quatre ans. En termes de spectacle, d’organisation et d’ambiance, ce Mondial brésilien a été une réussite.

Organisation - Le Brésil s’en sort mieux que prévu

C’était la plus grosse crainte de la Fifa: le Brésil n’était pas tout à fait prêt pour accueillir la Coupe du monde. Et même aujourd’hui, il ne l’est pas toujours. Mais il a fait avec les moyens du bord et finalement, ça a plutôt bien fonctionné. Malgré des stades pas tout à fait terminés (deux tribunes non couvertes à Sao Paulo, des chantiers partout à Brasilia, l’escalier de la mort à Rio), il n’y a aucun problème dans les enceintes. Question logements, la plupart des hôtels neufs avaient ouvert à temps et les amateurs de «Brasil problems» (une référence au hashtag #SotchiProblems qui avait fleuri pendant les Jeux Olympiques) n’ont pas eu grand-chose à se mettre sous la dent.

Enfin, niveau sécurité, la Fifa a fait en sorte que tout se passe correctement, ce qui n’était pas gagné dans un pays rongé par la violence. Même si quelques incidents ont malgré tout eu lieu. Percuté dans son taxi par un voleur poursuivi par la police, un journaliste argentin est ainsi décédé à Sao Paulo, à la veille de la demi-finale.

Spectacle – On s’est régalé

Cette Coupe du monde a égalé le nombre de buts sur une compétition établi en 1998 (171). Après des phases de poules complètement folles, le tournoi à élimination directe a été moins prolifique, mais plein de dramaturgie. La moitié des matchs s’y sont joués en prolongations. «D’un point de vue du terrain, elle a été exceptionnelle, se réjouissait Sepp Blatter. Ce qui l’a rendue particulière c’était la qualité du football, l’intensité des matches. On a commencé le tournoi avec un football très offensif, de très haut niveau. Dans les dernières Coupes du monde, les équipes avaient peur de perdre. Ici cela n’a pas été le cas.»

Ambiance – Un vrai pays de foot

Le Brésil aime le foot. Ce n’est pas une nouveauté, mais c’est frappant. On a pu en témoigner à plusieurs reprises, que ce soit en assistant à l’engouement populaire de la petite ville de Ribeirao Preto pour l’équipe de France ou en voyant la jeunesse de Belo Horizonte crier ses poumons pour la Seleçao. L’amour pour le football se ressent au quotidien et donne une dimension supplémentaire à une Coupe du monde. Le sélectionneur de l’Allemagne, Joachim Löw, raconte: «Après qu’on a battu le pays hôte 7-1, on a senti que la déception était immense, mais quand on est partis du stade vers l’aéroport, des milliers de Brésiliens étaient dans la rue et ont applaudi l’équipe, c’était fascinant. Les Brésiliens étaient là avec des drapeaux marqués Germany et applaudissaient. On a ressenti une super énergie et une grande sympathie pour nous.»
Les «Fans fest» (lieux de rassemblement pour regarder les matchs) étaient souvent pleins, les bars aussi.

L’arrivée d’une centaine de milliers d’Argentins sur Rio et Copacabana avant la finale à poursuivre la fête malgré l’élimination du pays hôte. Timide pendant la compétition, la protestation sociale va désormais pouvoir reprendre: «Le bon football fait vibrer le pays mais c’est un jeu et la vie est bien plus que cela. Le Brésilien se tourne maintenant vers l’économie, l’inflation élevée», déclare à l’AFP André César, analyste politique du cabinet de consultants Prospectiva à Brasilia. Et dans deux ans, il y a les Jeux Olympiques.