Coupe du monde 2014: Pourquoi la France est au-dessus de tout le monde physiquement

FOOTBALL Les Français sont affutés au Brésil…

B.V. à Rio

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Le défenseur de l'équipe de France Mamadou Sakho, le 20 juin 2014, contre la Suisse.
Le défenseur de l'équipe de France Mamadou Sakho, le 20 juin 2014, contre la Suisse. — DIMITAR DILKOFF / AFP

De notre envoyé spécial à Rio (Brésil),

Les Suisses et les Honduriens s’en souviennent encore. Dans les combats, dans les courses, dans l’intensité, ils se sont fait marcher dessus par une équipe de France impériale. Après une saison pourtant longue, les Bleus, déjà quasiment qualifiés pour les huitièmes de finale, affrontent l’Equateur mercredi en plein bourre physique. On vous explique pourquoi.

Une préparation individualisée réussie

La fraîcheur des Bleus porte un nom: Eric Bédouet. Le préparateur physique des Girondins de Bordeaux, débauché par l’équipe de France avant ce Mondial, a réussi des miracles pendant la préparation. «Ça ne m’étonne pas de lui, il a une très bonne réputation dans notre milieu, loue Raphaël Fèvre, ancien préparateur du PSG, désormais à Bastia. Le plus important, c’était de faire récupérer puis de les faire monter en puissance pendant la préparation.» Ce que Bédouet a réussi en individualisant au maximum le travail. «Dans la saison, certains ont beaucoup joué, d’autres un peu moins, d’autres ont connu des blessures, donc on essaie de tendre vers une harmonisation, explique-t-il. On a fait plusieurs tests à Clairefontaine qui ont permis de voir l’évolution des joueurs. Au bout du troisième, on est arrivé à avoir quelque chose de très bien.»

Une forme optimale dès les poules

«Aujourd’hui, sur le plan athlétique, nous sommes vraiment bien.» A l’échelle de Didier Deschamps, Eric Bédouet ne pourrait pas réclamer plus grand compliment. Le sélectionneur a choisi l’option d’avoir des joueurs prêts dès l’entame de la compétition, plutôt que de la faire atteindre un pic de forme pour juillet. «On ne peut pas se permettre de se préparer pour monter en puissance en vue de la fin du tournoi, enchaîne DD. Au troisième match, vous pouvez rentrer à la maison.» Habituée à ce genre de méthode, l’Espagne était éliminée dès le second. «Ceux qui ont fait le pari de se ménager en vue de la suite de la compétition se sont un peu trompés», confirme Fèvre. Le problème va maintenant être de tenir. «Cinq semaines de manière isolée ça va mais ça là c’est plus compliqué avec des joueurs qui ont une saison pleine derrière eux, poursuit-il. Certains vont avoir besoin de se reposer contre l’Equateur pour bien repartir pour la suite de la compétition.» C’est sans doute pour ça que Deschamps devrait remanier assez largement son équipe.

Des joueurs «hors-norme»

Si la préparation a si bien marché, «le mérite en revient surtout aux joueurs», estime Eric Bédouet. Lui qui prépare le reste de l’année les Girondins assure que les Bleus sont des joueurs «hors-norme». «Au niveau physiologique, au niveau mental, au niveau des dons, c’est très élevé, explique-t-il. Dans les clubs on peut en avoir des comme ça, mais pas la majorité comme ici.» Bref, des machines de guerre habituées aux exigences du très haut niveau «Je le vois au travers des tests, on est arrivé à faire monter le groupe au niveau de la VMA (vitesse maximale aérobie) de façon assez extraordinaire, poursuit le préparateur physique des Bleus. Dans ma vie j’ai passé des milliers de tests, j’en ai eu des pas mal, mais dès comme ça… Après, même si j’aimerai bien, des tests physiques n’ont jamais fait gagner un match.»