Mondial 2014: Les journaux brésiliens appellent à l’unité nationale derrière la Seleção
REVUE DE PRESSE•Malgré la contestation sociale…Corentin Chauvel
De notre correspondant à Rio de Janeiro
On y est. La Coupe du monde va enfin commencer au Brésil et les journaux locaux ont pris la mesure de l’événement ce jeudi, sans oublier pour autant les protestations et les problèmes qui l’accompagnent.
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Le plus grand journal du pays, O Globo, fait dans le classique: «Le monde entier dans l’attente du début du Mondial». «Le ballon, enfin, va commencer à rouler aujourd’hui», débute l’éditorial du quotidien. Sans jamais mentionner la contestation sociale qui l’a pris en grippe depuis longtemps, O Globo pointe surtout du doigt le gouvernement pour les échecs de son organisation, notamment les retards dans les travaux des stades. «Mais la Coupe du monde est là et c’est avec joie et confiance que les supporters attendent la première passe», indique l’éditorial.
«Le Brésil doit s’unir»
La Folha de São Paulo fait également fi du mouvement de protestation en affichant ce jeudi sur sa une un #VaiTerCopa («La Coupe du monde aura lieu»), répondant au fameux #NãoVaiTerCopa («La Coupe du monde n’aura pas lieu») brandi depuis des mois par les manifestants sur les réseaux sociaux. Dans son éditorial, le grand quotidien de la capitale économique du pays reconnaît que l’ambiance «est différente des Mondiaux précédents», que l’enthousiasme des Brésiliens est bien plus «timide» que prévu. La Folha estime cependant que la claque sociale reçue par le gouvernement l’an dernier était méritée, que l’adage «du pain et des jeux» est désormais une «mentalité obsolète».
Mais le quotidien appelle à différencier le sport de la politique et à soutenir coûte que coûte la «Seleção» qui a gagné de nombreux détracteurs ces derniers mois. «Il n’y a que nos adversaires qui ont quelque chose à gagner de notre défaite, et il ne restera aux Brésiliens que la tristesse», déplore la Folha. L’Estado de São Paulo est dans la même lignée: s’il mentionne bien ce «Mondial contesté» dans son titre, il estime, dans son éditorial, que «le Brésil doit s’unir, en dépit des divergences, dans une passion nationale pour le sport le plus populaire au monde et soutenir la conquête du sixième titre de champion du monde».
Ce sera bien la «Coupe des coupes»
Le quotidien va même jusqu’à reprendre le terme de «Coupe des coupes» que la présidente brésilienne, Dilma Rousseff, a commencé à utiliser il y a quelques mois pour répliquer aux critiques de la Fifa sur les retards des travaux. Oui, le Brésil a encore de nombreux problèmes à régler, mais l’Estadão qualifie les opposants à la Coupe du monde de «sectaires» et indique que, maintenant que le monde les regarde, les Brésiliens doivent se montrer capables de «concilier passion pour le sport et civisme, émotion et rationalité, et esprit de compétition et hospitalité».
Parmi les titres moins importants, on retrouve des unes aussi différentes que «Cette Coupe du monde est la mienne…» (O Povo, avec la photo d’un petit garçon portant un ballon), «Aujourd’hui, nous sommes 202 millions avec la Seleção» (Jornal NH), «Nous sommes tous Brésil» (Correio Braziliense), «Un nouveau rêve commence» (Mantiqueira) ou encore «Six: 200 millions dans la bataille» (Diario da manhã).


















