Roland-Garros 2014: Djokovic-Nadal, qu’est-ce qui fera la différence?

TENNIS La finale entre les deux meilleurs joueurs mondiaux pourrait basculer sur une série de détails…

Julien Laloye

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Novak Djokovic et Rafael Nadal,  le 18 mai 2014 à Rome.
Novak Djokovic et Rafael Nadal, le 18 mai 2014 à Rome. — Gregorio Borgia/AP/SIPA

De notre envoyé spécial à Roland-Garros,

Finalement, on aurait pu se dispenser de jouer le tournoi. Comme annoncé depuis ses semaines, Rafael Nadal et Novak Djokovic disputeront la finale de Roland-Garros. En jeu, un premier trophée pour Novak à Paris, un record de plus pour «Rafa» (devenir le premier à gagner pour neuf fois le même Grand Chelem), et la place de numéro 1 mondial pour le gagnant. «The winner takes il all» comme on dit en anglais. Voilà sur quoi pourrait se jouer la 43e rencontre entre les deux hommes.

L’ascendant mental de Djokovic

La rivalité entre les deux hommes n’a jamais été linéaire. Un coup c’est l’un qui prend l’avantage, un coup c’est l’autre. En ce moment, Djokovic a le vent pour lui. Quatre victoires de rang, donc la dernière sur terre battue à Rome. «J’aurais préféré pour Rafa un adversaire moins fort. Djokovic, c’est le plus compliqué à jouer pour lui», reconnaît l’oncle Toni, même si le n°2 mondial ne crâne pas plus que ça : «Avoir l'avantage ? Je ne sais pas quel avantage je peux avoir, car il faut tenir compte des résultats qu'il a à Roland Garros. Mais c’est vrai que je pense que je peux y arriver. Le fait d’avoir servi à 4-3 l’an passé an cinquième set me donne confiance en moi.»

Surtout, c’est la première fois que Djokovic retrouve Nadal dans cette position de favori. En 2011, alors qu’il restait sur sept victoires de suite contre le Majorquin, il avait buté sur Federer une marche plus tôt. Et en 2012, c’est Nadal qui avait l’avantage psychologique avant la finale.

La chaleur

C’est bien connu, le lift ravageur de Nadal ne s’exprime jamais mieux que sous un cagnard du diable. Demandez à Murray, qui a explosé vendredi devant la hauteur du rebond des balles de l’Espagnol. «Mes balles sont beaucoup plus rapides grâce à la chaleur je suis capable d'en faire plus avec moins d'efforts. C'est vrai qu'un temps comme en demi-finales, cela aide mon jeu.» Une préférence à comparer avec la (relative) aversion du Serbe pour les températures caniculaires.

Contre Gulbis vendredi, «Djoko» a d’ailleurs semblé prendre un gros coup de chaud au bout d’une heure. «J’étais dans un état de fatigue un peu général, c’est sans doute lié aux conditions» a avoué le Serbe. Ca tombe mal, dimanche, on annonce un bon 28 degrés au milieu de l’après-midi, avec un risque orageux en fin de journée. Pas trop tard quand même, doit espérer l’élève de Boris Becker.

Le court Philippe Chatrier

En début de semaine, le petit caca nerveux du clan Nadal à propos de la programmation du fiston sur le Lenglen en quarts de finale contre Ferrer, a pu faire sourire. C’est mal connaître la relation particulière qu’entretient «Rafa» avec le Chatrier, où il n’a perdu qu’une seule rencontre dans sa carrière, face à Soderling. C’est là et pas ailleurs que Rafa a l’habitude de mettre des fessées à qui mieux mieux.

«Je sais qu'ici, à Paris, c'est le court où il est vraiment dominant, résume Djokovic. Il aime cette atmosphère, cet effet visuel. Il semble qu'il est capable de ramener toutes les balles ici. Il est plus à l'aise quand il joue sur un court important. C'est une des raisons pour lesquelles il réussit si bien ici.» Si Rafa a pu paraître prenable quelques fois à Paris, c’était rarement sur le Chatrier. «On préfère  jouer sur ce court plus grand, ce n’est un mystère pour personne», confirme oncle Toni. Le seul court principal de Grand Chelem où Novak n’a jamais pris la mesure de son meilleur ennemi.