Grand Prix de Monaco: Terrasses en crise

FORMULE 1 Le marché de location des habitations idéalement situées pour suivre la course est en baisse... 

Thibaut Le Gal

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Fernando Alonso lors des essais libres du Grand Prix de Monaco
Fernando Alonso lors des essais libres du Grand Prix de Monaco — Luca Bruno/AP/SIPA

A l’heure du Grand Prix, le Rocher frémit. Les plus gros comptes en banque du monde rejoignent la principauté. Originalité à Monte-Carlo, le circuit traverse les rues de la ville. Le temps du week-end, les Monégasques louent donc leurs luxueuses terrasses à prix d’or à des agences spécialisées. Le gratin du showbiz s’y entasse. Pour avoir une vue imprenable sur la course? Pas forcément.

«C’est le Grand Prix le plus bling bling. Pour beaucoup, l’important est de passer à la télé ou de montrer leur dernière femme», s’amuse Daniel Mompo, responsable de l’agence Evenements et Voyages. Le tarif varie selon l’emplacement et les services proposés. Comptez plusieurs milliers d’euros pour les balcons les plus prisés.

Le millionnaire compte ses sous.

Mais depuis quelques années, le marché, autrefois très porteur, recule. «Avec la crise, on a subi une baisse de locations des terrasses», explique Véronique Rousseau, directrice de l’agence RC concepts. Il y a encore quatre ans, je louais des terrasses pour 250 personnes. Cette année, nous sommes à 80…»

La crise est passée par là. Depuis 2008, le millionnaire compte ses sous. «Nos clients ont pris peur, ils font plus attention à leur argent», note la directrice de l’agence Crown Luxury Group. Certains vont jusqu’à négocier, comme au marché, des options supplémentaires. «Les Russes demandent la réception des chaînes nationales gratuitement par exemple», s’étonne-t-elle. Impensable il y a quelques années.

Trois chips et deux cacahuètes

Autres habitués des terrasses, les commerciaux et les clients invités par les grandes entreprises. Mais depuis deux ans, la réglementation s’est renforcée. «Les notes de frais de ce type d’événements sont davantage soumises à l’impôt», explique Véronique Rousseau. Cela nous affecte car les sociétés représentent une bonne part de notre clientèle».

La baisse de la demande pousse des propriétaires à commercialiser leur terrasse sans passer par un tiers. «La prestation n’est alors pas à la hauteur», s’agace la responsable de Crown Luxury Group. «Les invités sont accueillis avec trois chips et deux cacahuètes. Cela nuit à l’image de Monaco»…

Dimanche, le temps sera nuageux. Alors qu’importent les luxueuses terrasses. Pour suivre le Grand Prix, le mieux sera la télévision.