VIDEO. Quand la chaleur fait halluciner les pilotes du Dakar

RALLYE-RAID Certains concurrents divaguent en plein désert...

Romain Baheux

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Un motard roule sous le soleil sur le parcours du Dakar le 14 janvier 2014.
Un motard roule sous le soleil sur le parcours du Dakar le 14 janvier 2014. — FRANCK FIFE/AFP

De notre envoyé spécial à Iquique (Chili)

L’absurdité de la scène provoque le sourire. Quasiment nu dans le sable, le motard espagnol Enric Marti Flix délire et tient des propos complètement incohérents, prenant son équipier pour son père. Enregistrée sur le parcours de la cinquième étape du Dakar en Argentine, cette vidéo témoigne surtout d’une réalité inquiétante, causée par les très fortes températures en Amérique du Sud.

Diffusé sur Internet, le cas du pilote ibérique est loin d’être un phénomène isolé. «Ça fait partie des signes du coup de chaleur, souligne Florence Pommerie, responsable du service médical du Dakar. Quand le pilote commence à délirer de la sorte, on est déjà à un niveau élevé. Le suivant, c’est le coma.»

«J’ai vu une rampe de lancement sur la route»

Sans atteindre cet extrême, les histoires d’hallucinations en course causées par l’effet conjugué de la chaleur et de la fatigue ne manquent pas sur le bivouac. «Lundi, je roulais en direction de l’arrivée de l’étape. D’un coup, j’ai eu un haut-le-cœur et j’ai vu comme une sorte de rampe de lancement sur la route, raconte le motard Stéphane Hamard. Je me suis vu partir comme un avion, ça m’a fait bizarre.»

A l’antenne médicale, Florence Pommerie a vu arriver des cas bien plus inquiétants, aux paroles et aux actes dénuées de sens. «Il croit reconnaître des gens ou être dans un autre endroit, explique le médecin. J’en ai vu un qui réparait une épave en plein désert. Il était en plein désert à tenir un discours qui aurait été cohérent mais dans un garage. Là, il était avec trois boulons, persuadé que tout allait bien.»

Les séquelles peuvent être importantes. L’organisme risque ainsi délivrer des enzymes qui abîment les reins en cas de coup de chaleur trop important. D’où l’urgence de refroidir l’organisme des pilotes déshydratés. «On utilise tous les moyens, poursuit Florence Pommerie. On les plonge dans la glace, on leur envoie un jet d’eau. Il y a pas longtemps, on s’est même servi de la lance à incendie.» Un bon moyen de retrouver la raison.

>> Le coup de chaud en vidéo


Le motard espagnol Enric Marti Flix, retrouvé... by youzap