Ligue des champions: Pour Robert Pires, «Arsène Wenger aura le même destin qu'Alex Ferguson»

De notre envoyé spécial à Londres, Romain Baheux

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Robert Pirès a joué à Marseille et à Arsenal.
Robert Pirès a joué à Marseille et à Arsenal. — COWIE/COLORSPORT/SIPA

Il est l'un des traits d'union entre l'OM et Arsenal. Passé des rives de la Méditerranée aux bords de la Tamise en 2000, Robert Pires est désormais consultant pour beIN SPORT. Avant l'affrontement entre les deux clubs mardi soir, le champion du monde 1998, qui s'entraîne parfois avec Arsenal, décrit son ancienne vie de joueur à Londres et revient sur les performances des hommes d'Arsène Wenger, en tête de la Premier League.

Comment jugez-vous le très bon début de saison d’Arsenal?
Je ne suis pas surpris. Cela fait plusieurs années qu’Arsenal a mis en place une stratégie en vue de préparer une équipe pour l’avenir du club. Elle porte ses fruits maintenant avec des jeunes joueurs qui arrivent à maturité comme Ramsey ou Wilshere. Ils sont encadrés par des footballeurs expérimentés et bénéficient depuis cet été de l’apport de Mesut Özil, arrivé du Real Madrid.
 
Justement, qu’apporte-t-il à cette équipe?
On parle d’un joueur reconnu dans l’Europe entière pour ses qualités de meneur de jeu. Il apporte naturellement sa touche technique mais il y a eu un impact psychologique important sur les autres joueurs du club, surtout les jeunes. Son arrivée les a libérés et ils sont plus ambitieux avec un joueur de ce calibre.
 
Le club n’a plus remporté de trophée depuis 2005. Y a-t-il de l’impatience à enfin gagner quelque chose?
Cette impatience est surtout exprimée par les supporters et c’est normal quand un club comme celui-là ne gagne plus rien. Maintenant, Arsène Wenger et les dirigeants ont toujours eu une stratégie claire pendant ces années où d’autres clubs avec plus de moyens comme Chelsea et Manchester City étaient là: construire une équipe pour l’avenir et se qualifier pour la Ligue des champions chaque saison. Ça assure des rentrées financières régulières et c'est ce qui leur a permis de recruter Mesut Özil cet été.
 
Peuvent-ils tenir la distance en championnat et en Ligue des champions?
Quantitativement, ils n'ont pas un effectif aussi large que d'autres favoris de Premier League mais qualitativement, ça reste fort. Ça va dépendre de l'état de santé de leurs locomotives.
 
Arsène Wenger est en fin de contrat en juin. Le challenge l'intéresse-t-il toujours autant?
Je le sens toujours très motivé par son poste à Arsenal. Il a construit ce club, lui a donné une philosophie de jeu, je le vois mal quitter le navire maintenant que son travail porte ses fruits. Je pense qu'il aura le même destin qu'Alex Ferguson a eu avec Manchester United et qu'il finira sa carrière à Arsenal. Et puis ici, il a un rôle de manager très influent qu'il aura du mal à retrouver ailleurs.
 
A quel public peuvent s'attendre les Marseillais?
Il n'a pas évolué depuis que je jouais à Highbury. Les spectateurs sont forcément plus nombreux puisque l'Emirates peut contenir plus de personnes mais l'esprit reste le même. Là-bas, le stade fait corps avec l'équipe. Le public prend le relais quand Arsenal est malmené. Les Marseillais peuvent être surpris de l'ambiance.
 
En tant que joueur, quelle est la différence au quotidien entre Arsenal et Marseille?
Les Londoniens sont habitués à voir des célébrités autour d'eux et ils vous laissent tranquille quand vous sortez en-dehors des matchs. C'est différent de ce qu'on peut connaître à Marseille ou dans des pays latins. Quand je jouais à Villarreal, je vivais dans un village à côté de Valence et ça s'est très vite su.
 
L'OM va-t-il laisser filer la Ligue des champions?
Même si les Marseillais sont déjà éliminés, ils ne doivent pas oublier qu'ils représentent leur club en Europe et qu'ils doivent finir avec fierté. Ils ne doivent pas lâcher le match. Et puis, c'est dans ce genre de rencontre que les joueurs sont observés et peuvent se faire remarquer. Même si c'est inconscient à la base, ça serait un mauvais calcul.