Wimbledon 2013: Marion Bartoli, demi-finaliste de poids

Antoine Maes

— 

La Française Marion Bartoli lors de sa victoire contre Sloane Stephens le 2 juin 2013, en quart de finale de Wimbledon.
La Française Marion Bartoli lors de sa victoire contre Sloane Stephens le 2 juin 2013, en quart de finale de Wimbledon. — GLYN KIRK / AFP

Depuis trois ans, elle jure qu’elle «n’écoute plus rien, ne lit plus rien». Quelques jours avant Roland-Garros, Marion Bartoli avouait au JDD qu’on peut «raconter ce que l’on veut sur moi, je m’en fous à un point… Je sais ce que je vis au quotidien, et personne ne le vit à ma place». Sa grève de la presse, la Française, qui défie la Belge Flipkens jeudi en demi-finale de Wimbledon, l’a entamée en 2010, après que Marc-Olivier Fogiel, se croyant hors-micro, l’ai qualifié de «grosse» sur l’antenne d’Europe 1. 

De fait, les remarques accompagnant le physique de Marion Bartoli (1,70 m pour 63 kg, selon la WTA) sont parfois de mauvais goût, mais le plus souvent assez violentes. Taper son nom dans Google, c’est se retrouver avec comme première suggestion «Marion Bartoli grosse». «Ce qui est dommage, c’est quand vous avez en France des gens qui tirent les résultats vers le haut et qu’ils ne sont pas customisés comme des sportifs idéals, on se permet de juger», regrette Xavier Moreau, le préparateur physique de l’équipe de France de Fed Cup. 

«Une Marion plus affutée se déplacera encore plus vite» 

De toute façon, on ne navigue pas entre la 7e et la 15e place mondiale avec un  physique d’habitué des fast-foods. Et on n’atteint pas les demi-finales de Wimbledon si on passe sa vie le nez fourré dans une boite de cookies. En février, pour son retour avec les Bleues, Amélie Mauresmo a commandé des tests physiques sur ses joueuses, Bartoli comprise. Et Xavier Moreau n’y a pas découvert une athlète à la dérive. «On a vu des qualités de force maximale et d’endurance, avec notamment une consommation maximum d’oxygène qui est très bonne», décrit-il. 

Evidemment, «une Marion plus affutée, avec les qualités de force qui sont les siennes, elle se déplacera encore plus vite, pas besoin d’avoir fait polytechnique», reprend le préparateur physique. Mais lui préfère retenir qu’«elle est déjà capable de produire du niveau de jeu et d’embêter ses adversaires. Et n’oubliez pas d’écrire que Marion, c’est aussi une super fille», réclame Xavier Moreau. De toute façon, en faisant une croix sur la lecture de la presse, Bartoli ne peut plus remarquer les compliments qui vont avec.