Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
OGC Nice: Kévin Anin poursuivi par le sort

OGC Nice: Kévin Anin poursuivi par le sort

FOOTBALLVictime d'un accident de voiture, le milieu de Nice pourrait être paraplégique...

Au bout du fil, l’ancien formateur de Kévin Anin peine à prononcer certains mots, pas vraiment en phase avec la vie d’un footballeur de haut niveau. Le joueur niçois risque pourtant de ne jamais rejouer au football si les dernières nouvelles concernant son état de santé sont confirmées. «On parle d’amputation du bras, d’une paralysie», lâche gravement Johann Louvel, son formateur lorsqu’il était au HAC. Mardi soir, la vie de Kévin Anin a basculé sur une autoroute de Seine Maritime, lorsque la voiture à l’arrière de laquelle il se trouvait est partie en tonneaux. Une tragédie pour le Niçois, hospitalisé et placé en coma artificiel, après une année déjà très compliquée.

Cette saison, Claude Puel ne l’a pas toujours vu à l’entraînement. Même s’il a pu le relancer lors des derniers matchs, le coach niçois a dû composer avec l’état émotionnel très instable du joueur, suivi par un psychologue. «C’était difficile. Cette saison, tout le club s'est mobilisé pour lui redonner la joie de vivre. Il a retrouvé le sourire, puis le terrain. Nous étions prêts à lui donner un nouvel élan. L'élan s'est brisé», confie le président niçois Jean-Pierre Rivère au sujet de cet ancien champion de France de boxe française, «atypique mais très attachant.»

Dans le bureau d’Arsène Wenger

Professionnel depuis sept ans, Anin ne s’est jamais reconnu dans le monde du foot. Au point d’envisager sa retraite sportive avant ses 26 ans. Cette année encore, il était à deux doigts de rompre son contrat avec Nice, lassé par sa vie de joueur pro. «Je ne sais même pas s’il aime le foot, poursuit son formateur. Kévin est un grand affectif. Il n’a pas d’autre motivation. Il joue s’il se sent bien avec ses copains ou pour faire plaisir à un proche.»

Au Havre, il lui arrivait déjà de ne pas se présenter à l’entraînement. Dans ces cas là, Louvel prenait son téléphone. «Et il venait quand même en me disant: bon je viens parce que c’est toi.» Des coachs qui lui ont tendu la main, il en a croisé quelques-uns, oubliant ses états d’âme pour miser sur ses qualités de joueur. Il y a deux ans, il était même dans le bureau d’Arsène Wenger. Mais son caractère dépressif ne l’a pas aidé à signer chez les Gunners. Le garçon est trop imprévisible au point de disparaître du jour au lendemain comme ce fut le cas entre septembre et décembre 2012. Déçu par l’attitude de certains proches qui auraient profité de lui, il s’était réfugié auprès de sa famille, au Havre. Les mêmes qui l’entourent aujourd’hui dans ce nouveau moment difficile.