Equipe de France: Samir Nasri regrette de ne pas avoir fait son «mea culpa» plus tôt

R.S.

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Samir Nasri après son but contre l'Angleterre à l'Euro, à Donetsk (Ukraine), le 11 juin 2012. 
Samir Nasri après son but contre l'Angleterre à l'Euro, à Donetsk (Ukraine), le 11 juin 2012.  — Kirsty Wigglesworth/AP/SIPA

Cela faisait neuf mois que le milieu de Manchester City se murait dans son silence. Vexé après un Euro raté, le Français ne souhaitait pas revenir sur l’épisode des insultes à un journaliste en zone mixte dans le stade de Donetsk. Ni sur le «ferme ta gueule» adressé à la tribune de presse après son but contre l’Angleterre. Pour ces écarts, il avait purgé trois matchs de suspension et souhaite désormais entamer sa réhabilitation. Sentant la Coupe du monde approcher, l’ancien marseillais s’est exprimé pour la première fois sur beIN Sport.

Jamais sélectionné par Didier Deschamps, il regrette d’avoir attendu neuf mois pour s’exprimer. «J’aurais dû sortir de mon silence plus tôt. Au lieu de m’ouvrir et de faire mon mea culpa, j’étais dans un esprit négatif, je me disais : "Ils sont tous contre moi." Le fait de venir ici est un soulagement, c’est la preuve que j’ouvre mon esprit.»

«Mon père m’a appelé et m’a gueulé dessus»

Quand il repense à l’Euro, Samir Nasri met d’abord en cause la presse, coupable de vouloir «le sortir de l’équipe de France. Au premier match (1-1 contre l’Angleterre), je marque, je suis ailleurs, je me sens invincible et j’ai cette réaction («Ferme ta gueule» vers la tribune de presse). Et puis, à la fin de l’Euro, la défaite contre l’Espagne (0-2) a tout déclenché. Je n’ai pas voulu parler en zone mixte, un journaliste m’a dit: "Casse-toi!" et j’ai réagi, ce que je n’aurais pas dû faire. Quand mon père a vu ça, il m’a appelé et m’a gueulé dessus. J’ai manqué de sang-froid.»

Malgré tout, le joueur de Man City n’a pas fait une croix sur les Bleus qu’il compte bien retrouver au plus vite. Il admet ne pas réaliser une grande saison en club et conçoit que de nouveaux joueurs se soient imposés en bleu (dont Pogba et Valbuena). Mais «l’équipe de France, c’est le summum. On n’a pas échangé du tout avec Deschamps. Je pense que si un joueur est performant, son sélectionneur ne peut pas se passer de lui. Je ne désespère pas qu’on fasse un jour partie du noyau dur.»