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Michaël Llodra, un chambreur au sang show

Michaël Llodra, un chambreur au sang show

TENNISA 32 ans, le joueur parisien s'est fait remarquer lors de sa prise de bec à Miami avec Benoît Paire...
Romain Scotto

Romain Scotto

Au départ, tout commence par une petite phrase, plutôt maladroite, qui agace au plus haut point un joueur en perdition. Benoît Paire a donc très mal pris le conseil de Michaël Llodra à Miami – «Ne te comporte pas comme un petit merdeux» – déclenchant une salve d’insultes pendant tout le match. Les deux hommes ne sont pas serré la main et Paire promet déjà qu’il ne parlera plus jamais à son à son aîné, «quelqu’un de faux qui est prêt à tout pour gagner un match.»

A 32 ans, Llodra aura du mal à faire croire qu’il n’avait pas mesuré les conséquences d’une telle attaque. Le Parisien a assez d’expérience pour savoir qu’il n’en fallait pas plus à Benoît Paire pour le faire dégoupiller. Pourtant, l’un de ses formateurs Emmanuel Planque assure qu’il n’y a «rien de calculé dans les propos de Mika. C’est tout sauf un joueur pervers. C’est un chambreur, quelqu’un de drôle, qui est très spontané et peut être maladroit. La blague, il faut la sortir au bon moment, c’est vrai. Ça lui joue des tours parfois.»

Quelqu’un de différent sur le court

Depuis deux ans, le Parisien a même tendance à cumuler. Il y a d’abord eu le fameux: «On n’est pas au souk, on ne vend pas des tapis sur un marché» à l’attention d’un arbitre marocain. Puis il a été mis à l’amende pour un «fucking Chinese» balancé à une supportrice un peu trop agitée. Cela n’en fait pas quelqu’un de raciste. Mais bien un joueur impulsif. «Il fait partie de ces joueurs qui ne sont plus les mêmes personnes sur un court. Sympathique, mais très différent avec l’adversaire, les arbitres ou les ramasseurs», assure un arbitre préférant rester anonyme.

Selon ses proches, il n’y a rien d’exceptionnel à cela. A ce niveau, «tous les joueurs ont à un moment ou à un autre des paroles qui les dépassent, assure Planque. Le tennis, c’est un sport de combat sans contact». Pour Llodra, le combat a même déjà été plus violent. Jeune tennisman, le 65e joueur mondial était de son propre aveu ingérable. «Je me suis fait virer un peu partout où je suis passé. Du club, de la ligue, du pôle espoirs, de la fédération, du collège... Il n'y a pas un endroit où je n'ai pas été mis à pied», expliquait le joueur dans Tennis Magazine il y a quelques années.

Devoir d’exemplarité

A cette époque, George Deniau lui a tendu plusieurs fois la main. L’ancien coach l’avait pourtant viré après un tournoi à Gap au cours duquel le spécialiste du service-volée s’était rendu coupable de gestes inqualifiables (crachats et insultes notamment). «A ce moment-là, il avait dépassé les limites avec l’arbitre. Mais c’est fini. Il avait fait des efforts importants à la suite de ça.» Père de trois enfants et joueur cadre de l’équipe de Coupe Davis, il a désormais un devoir d’exemplarité à assumer. Avant de se retirer, il tient à «laisser une belle image», indique son ex-coach. Comme quoi, même après quatorze ans de haut niveau, il a encore un peu de boulot.