Écusson

Les pomiculteurs s'engagent pour des vergers responsables

Agriculture Respect de la biodiversité et utilisation de méthodes alternatives pour limiter l’utilisation de produits phytosanitaires. Les clés d’une nature préservée pour des pommes de qualité.

Dorothée Blancheton - 20 Minutes Production

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Vers une agriculture raisonnée et respectueuse de la biodiversité.
Vers une agriculture raisonnée et respectueuse de la biodiversité. — Eclor

Si le mois de septembre est synonyme de rentrée pour les écoliers, il marque aussi le début d’une période chargée pour les pomiculteurs : l’heure de la récolte. En 2016, la France a produit 1,5 million de tonnes de pommes. Pour répondre aux attentes des consommateurs, les producteurs misent de plus en plus sur des vergers éco-responsables, à l’instar de Jean-Baptiste Jacob, pomiculteur pour le créateur de cidres Ecusson.

 

Une histoire de transmission

Le jeune homme a grandi au milieu des pommiers de son père, lui-même pomiculteur pour l’entreprise normande. Très vite, il se passionne pour le métier. Ce qu’il aime surtout ? Le contact avec la nature et voir concrètement le fruit de son travail prendre vie. Depuis 2017, il cultive cinq variétés de pommes douces-amères et acidulées, réparties sur les 12 hectares de plantations cédés par son père.
La plus grosse période de l’année, c’est la récolte des fruits au sol, de mi-septembre à mi-novembre. L’hiver, place à la taille des arbres. Au printemps et jusqu’en août, il faut ensuite entretenir le verger et donc tondre l’herbe sous les arbres fruitiers et entre les rangs. « Nous nous sommes aperçus que la chute des pommes était amortie par l’herbe. Elles s’abiment moins que sur la terre dure. Elles sont plus propres et se conservent mieux », explique Jean-Baptiste Jacob. Cela évite aussi de recourir à des désherbants.

 

Moins de produits phytosanitaires

Les 300 pomiculteurs de la coopérative Ecusson suivent une agriculture raisonnée et respectueuse de la biodiversité. Pour encourager leur démarche responsable, une charte d’engagement est en cours d’élaboration et huit techniciens conseils en culture les accompagnent au quotidien. « On les guide dans  le suivi du verger, la taille des fruitiers, les dates de récolte, le choix des méthodes alternatives et des produits qu’ils utilisent. On les aide à diminuer les intrants, c’est-à-dire les engrais au sol, et les produits phytosanitaires. On leur fournit aussi des bourdons et des abeilles afin d’améliorer la pollinisation des pommiers », précise Armando Arena, l’un des techniciens de la filière cidricole Agrial.

 

Une biodiversité bénéfique

La Maison Ecusson finance 50% des ruches et 80% des nichoirs à mésanges. Plus de 1000 nichoirs ont ainsi été installés dans les vergers. Ces oiseaux protègent naturellement les pommiers en se nourrissant des nuisibles comme les pucerons, les chenilles ou les vers. « Au début, on n’imaginait pas le pouvoir de la nature. Mais les pommiers se portent mieux sans insecticide. Désormais, on compte plutôt sur la faune. On a vu revenir des auxiliaires dans nos vergers. Il y a une meilleure prise de conscience de la biodiversité », confie Jean-Baptiste Jacob. Le jeune homme compte poursuivre sur sa lancée. Il est d’ailleurs en conversion vers le bio. 

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