Angélina Mensah
L'essentiel
- Samsung prévoit un bénéfice d’exploitation record de 107.400 milliards de wons, soit environ 80 milliards de dollars, entre juillet et septembre.
- Le résultat serait presque neuf fois supérieur à celui enregistré un an plus tôt.
- Le jackpot vient surtout des puces mémoire nécessaires à l’IA, tandis que l’activité smartphones souffre de la hausse du prix des composants.
L’intelligence artificielle coûte une fortune à tout le monde. Sauf, manifestement, à ceux qui lui vendent les puces. Samsung a annoncé jeudi prévoir 107.400 milliards de wons de bénéfice d’exploitation au troisième trimestre, soit environ 80,2 milliards de dollars. Presque neuf fois plus qu’un an auparavant et, selon Reuters, un record trimestriel pour une entreprise technologique. Pas mal pour trois mois de travail.
L’IA a très, très faim
Le groupe sud-coréen peut remercier l’appétit gargantuesque des centres de données. Entraîner et faire fonctionner les modèles d’intelligence artificielle nécessite notamment d’énormes quantités de mémoire DRAM et de mémoire à haute bande passante, ou HBM.
Problème pour les acheteurs mais excellente nouvelle pour Samsung : l’offre ne suit plus la demande. Résultat, les prix montent et les fabricants de mémoire encaissent. Samsung enchaîne ainsi son quatrième trimestre consécutif de bénéfice d’exploitation record. Le chiffre d’affaires explose : 195.000 milliards de wons sur le trimestre, en hausse de 127 % sur un an.
Des puces rares et donc très chères
Et la machine pourrait continuer à rapporter longtemps. Samsung et son concurrent Micron estiment que le déséquilibre entre l’offre et la demande de puces mémoire pourrait durer jusqu’en 2028.
Pendant que toute la Silicon Valley se bat pour construire toujours plus de data centers et injecter toujours plus d’IA partout, Samsung vend les pioches pendant la ruée vers l’or. Avec une petite nuance : la hausse du prix des mémoires commence aussi à faire des victimes… chez Samsung.
Les Galaxy n’ont pas reçu le mémo
Car les puces qui valent de l’or lorsqu’on les vend coûtent également très cher lorsqu’il faut les mettre dans un smartphone. Selon Reuters, la division mobile du groupe aurait enregistré plus d’un milliard de dollars de pertes, plombée notamment par l’augmentation du coût des composants.
De quoi donner à Samsung une situation assez cocasse : l’entreprise gagne des dizaines de milliards parce que ses puces deviennent hors de prix, puis est le premier à en pâtir.
Les résultats définitifs, avec le détail des performances de chaque division, seront publiés le 29 octobre. En attendant, une chose est déjà claire : dans la grande ruée vers l’IA, Samsung n’a peut-être pas inventé ChatGPT, mais il sait très bien faire payer les pioches.