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«Comment le cinéma, la télévision, l'Internet et le mobile vont évoluer...»

«Comment le cinéma, la télévision, l'Internet et le mobile vont évoluer...»

INTERVIEWHervé Chabalier, délégué général du Festival européen des quatre écrans, analyse l'avenir de chaque support à l'ère numérique...
Propos recueillis par Sandrine Cochard

Propos recueillis par Sandrine Cochard

Le Pdg de l'agence Capa, Hervé Chabalier, est l’instigateur du Festival européen des 4 écrans, qui se déroule jusqu’à dimanche. Ce festival original, dont c'est cette année la deuxième édition, propose de faire découvrir au public des films tournés pour le cinéma, la télévision, le Net et les téléphones mobiles. Avec un impératif: être ancré dans le monde. Explications avec un passionné d'images.


L’an passé, le festival avait attiré 3.000 personnes. Avez-vous le même objectif pour cette année?

Je pense que nous allons doubler, voire tripler le nombre d’entrées. Vendredi à 15h, il y avait déjà 1.500 personnes. Je suis très satisfait.


>> Découvrez tout le programme du festival en cliquant ici.


Le festival se veut tourné vers l’Europe. Avez-vous remarqué, dans les films sélectionnés, une façon de faire ou un œil européen?

Oui, je crois que la communauté européenne est réelle. Par exemple, quatre thèmes reviennent particulièrement: l’immigration, la violence des jeunes, les problèmes environnementaux et la menace sur les libertés individuelles.


Le palmarès récompense les meilleurs films par support et non par genre. Cela signifie-t-il que ces quatre écrans sont de qualité inégale?

Non, juste qu’ils sont différents. Chacun a sa propre fonction et chacun est amené à évoluer différemment dans les années à venir. Le cinéma va de plus en plus être un écran magnifié, consacré aux belles images et aux innovations de l’image, comme la 3D. Ce sera le seul endroit où nous pourrons encore être captifs face aux images et les partager dans une ambiance privilégiée, dans l’obscurité et le silence. Il deviendra aussi une salle de spectacle à part entière, où les retransmissions sportives ou culturelles seront possibles. La télévision sera encore le média le plus important avant de perdre peu à peu sa prépondérance. Elle restera cependant l’écran privilégié du foyer, celui que l’on partage en famille ou entre amis. Elle devra également relever le défi de garder les gens devant le poste. Cela suggère une nouvelle créativité narrative et renforce l’importance du travail de programmation des chaînes.

Et sur le Net et les mobiles?

Internet est le média sur lequel on peut tout voir, où il n’y a qu’à se servir. Concernant les images, il aura deux fonctions: être un tremplin au buzz pour des programmes télévisés, via des trailers ou des diffusions inédites notamment, et faire réagir les internautes à ces programmes. Les chaînes de télévisions pourront également y développer des séries dérivées de programmes existants. L’avantage du Net, c’est que tout y est délinéarisé, c’est-à-dire que les gens choisissent eux-mêmes ce qu’ils veulent voir. Quant au mobile, je pense qu’il restera encore longtemps un média de services et d’alerte.


D’où le lancement du prix Phone reporter 2008 pour cette deuxième édition?

Oui, il faut désormais compter avec les témoignages ou les vidéos filmées par des amateurs. Même si les journalistes restent méfiants envers cette pratique, je pense qu’il s’agit d’une source nouvelle qui permet d’enrichir l’information. Je pense notamment à l’assassinat de Benazir Bhutto. Le rôle des journalistes est justement de vérifier l’information donnée. Il est d’ailleurs nécessaire que les professionnels de l’image et de l’information investissent la sphère numérique, pour mettre en perspective toutes les données qui y circulent. Sans cela, le numérique restera un univers confus qui sera vite sans intérêt.