Le Mondial du gaming se prépare en équipe

JEUX VIDEO L'e-sport, c'est du sport. Rencontre avec des joueurs et un coach engagé dans le mondial du gaming à Paris

Joël Métreau

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Be the Best, équipe féminine, a renouvelé son exploit de 2006.
Be the Best, équipe féminine, a renouvelé son exploit de 2006. —

Certaines inspirent la peur, d'autres ne semblent guère inspirées. Avec l'essor du jeu multijoueur en ligne, chaque jour, il y a autant de «teams» (équipes) à se former qu'à se dissoudre. Mais au Mondial du Gaming, qui commence vendredi 4 et se tient jusqu'à dimanche 6 au Palais omnisports de Paris-Bercy, on n'aura pas juste affaire à des amateurs.

La clé du succès d'9une équipe qui se respecte tient en trois mots: «solidarité, discipline et rigueur», selon Amanda, 26 ans, alias Ivy*, membre de la team féminine Computex sur «Counter-Strike». «Quand tu joues seule, tu n'as de comptes à rendre à personne. Mais là, c'est toute l'équipe qui en pâtit quand tu arrives en retard à l'entraînement.» Soit cinq fois par semaine, trois heures par soir, avant les tournois.
Et pour mettre toutes les chances de leur côté, certaines équipes possèdent leur propre coach. Ainsi, Julien, 25 ans, encadre les trois joueurs de la team Packard Bell. «J'ai eu envie de faire ça entre autres parce que je vis des émotions à travers eux. Je peux stresser de la même manière qu'un entraîneur sur le bord du terrain.»

Son rôle lors des tournois est de «gérer la logistique, faire en sorte que les joueurs soient nourris et logés, qu"ils n'aient pas à se prendre la tête avec leurs affaires, et qu"ils puissent se concentrer entièrement sur le jeu». Après le match, Julien assure le «débriefing» et puis «regarde dans quel état est le joueur, s"il veut s"entraîner encore un peu». S"ils ne les retrouvent pas le week-end, le téléphone prend le pas: «Je les écoute  et je leur fais comprendre qu'ils sont capables de gagner», raconte le manager. Mais la préparation physique s'avère, elle aussi, nécessaire : «C'est important pour le mental, car à ce niveau-là de la compétition, ça se joue à 50 % dans la tête.» Julien conseille donc de «courir un peu, dehors, faire des pompes et des abdos.» En gros, pour être le meilleur des gamers, il faut savoir quitter son canapé.