Le défi du jour: parler d’Europe dans Second Life

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La Maison de l'Europe dans Second Life
La Maison de l'Europe dans Second Life —

Pour les 50 ans du Traité de Rome, le cabinet de Catherine Colonna, ministre déléguée aux Affaires européennes, a ouvert une Maison de l’Europe virtuelle sur Second Life, le monde en 3D disponible sur le Net. Sur place, Europe Rossini, une avatar mandatée, tient une permanence tous les jours de 15 à 16h et répond aux questions des (rares) passants.

Stratégie gagnante
«Les séminaires, ça coûte cher à organiser et ça ne s’adresse qu’à une centaine de personnes. Alors que sur Second Life, on peut toucher une plus large audience sans (trop de) frais», explique-t-on au cabinet de la ministre. Pour parler d’Europe, le pragmatisme avant tout. Le cabinet de Madame Colonna a ainsi loué 1024 m2 de surface pour 20 000 linden dollars, la monnaie locale de Second Life (environ 30 euros). «Un joueur qui passait dans le coin nous a même proposé ses services bénévolement pour agrandir la Maison de l’Europe», s’enthousiasment ceux qui tiennent les permanences dans le jeu.

Un pavé dans la mare ?
Cette initiative, française, a le mérite d'exister dans un contexte frileux en matière de développement numérique européen. «Ne faisons pas l’autruche, il faut que l’on touche un maximum de gens sur des canaux atypiques, et ce serait bête de s’en priver sous prétexte que Second Life est américain».

Rivalité
Mais la vraie raison de cette mobilisation sur les plate-forme numériques est plus terre-à-terre: il s’agit, pour le ministère, de concurrencer les partis politiques.
«Dans Second Life, il y avait déjà trois partis politiques (ceux de Sarkozy, Royal et Lepen) mais aucun ministère. Maintenant, il y en a un qui, même s’il est de l’ordre du symbole, est un lieu où on peut parler des sujets européens», souligne le ministère des Affaires étrangères.

Du boulot en perspective
Débattre de thématiques européennes ne sera pas une mince affaire quand on entend une «second lifeuse» américaine avouer dans le QG: «je connaissais l’existence de l’Union européenne mais je n’en reviens pas d’apprendre qu’elle est née il y a 50 ans!» Ça tombe bien, l’équipe ministérielle dit vouloir faire de la pédagogie auprès des internautes.