«Payday 2» : Quand victoire rime avec bande organisée

Jérôme Comin et Joël Métreau

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«Payday 2», un FPS où quatre gangsters mettent en commun leurs talents pour réaliser des missions criminelles.
«Payday 2», un FPS où quatre gangsters mettent en commun leurs talents pour réaliser des missions criminelles. — Starbreeze Studios

Sorti cet été dans la discrétion, «Payday 2» s’était hissé dans le top cinq des meilleures ventes sur consoles et PC en France et en Grande-Bretagne. Certes, le titre du développeur suédois Overkill Software a profité du relatif calme des sorties et d’un prix attractif (environ 40 euros sur PS3 et Xbox 360, 30 euros sur PC). Mais ce FPS est bien armé pour susciter quelques associations de malfaiteurs avant la sortie «Grand Theft Auto V» .

Une expérience coopérative

Le joueur incarne un membre d’une équipe de quatre gangsters américains établis dans Washington DC. Derrière leurs masques de clowns, ils enchaînent les délits au cours de missions vaguement scénarisées, dans différents lieux: banque à dévaliser, centre commercial à réduire en pièces, boîte de nuit à mettre sens dessus dessous. Attention, jouer seul relève de la mission suicide, l’intelligence des coéquipiers étant aussi artificielle que limitée.

«Payday2» s’apprécie grandement sur le multi en ligne. A l’image de la série «Left 4 Dead», auquel le premier «Payday» avait emprunté un niveau, les joueurs sont invités à collaborer pour réussir. L’un va fournir les médipacks pour se remettre d’aplomb, l’autre les munitions pour ne pas tomber à court, un troisième va paver le chemin de mines... Un système de coopération entretenu par quatre classes: le cerveau, l’exécuteur, le technicien et le fantôme.

Dans les premiers instants des missions de «Payday2», les joueurs sont invités à repérer les lieux. Un casse, ça se prépare, ça se bichonne: où se trouvent les caméras de surveillance? Y a-t-il des vigiles armés? Une issue de secours à déverrouiller? Des planches pour calfeutrer les fenêtres? Une vision stratégique aurait pu être développée dès les premières heures de jeu, afin de mettre en valeur les possibilités de mener un casse en douceur, sans violence ni balles échangées…

 

Fusillade à la «Heat»

Car une fois l’alarme déclenchée, les forces de l’ordre déferlent par vagues pour des fusillades dignes de Heat. Ces gunfights intenses offrent aux joueurs de vrais moments de bravoure. Mais ils s’avèrent parfois inutilement longs. «Payday2» gagne surtout en rythme et en sueurs froides lors des séquences heureusement nombreuses de transport de butin.                                                           

Aucune morale dans ce jeu: tuer des «civils» vaut tout de même une retenue conséquente sur le salaire. On n’est pas des Robins des bois non plus. Pour les gangsters comme pour le joueur, l’appât du gain reste la seule motivation. Des liasses de dollars pour renforcer et customiser son arsenal et surtout pour débloquer des compétences supplémentaires à sa classe. Le système d’arborescence de ces compétences aurait d’ailleurs pu être mieux pensé, afin de pouvoir plus facilement se partager les tâches. On peut regretter aussi qu’à la différence d’un «Left 4 Dead», les adversaires des gangsters ne puissent être dirigés par les joueurs. N’empêche, par leur difficulté croissante, les missions demandent à être rejouées, pendant des heures, en toute impunité.