La Surface Pro de Microsoft, plus PC que tablette

REVUE DE WEB L'hybride de Microsoft offre les performances –et le prix– d'un PC dans le corps d'une tablette. Parfois pour le meilleur, mais aussi pour le pire...

Philippe Berry

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La tablette Surface Pro, de Microsoft, attendue en janvier 2013.
La tablette Surface Pro, de Microsoft, attendue en janvier 2013. — DR

En voulant plaire à tout le monde, on finit souvent par ne satisfaire personne. Après une Surface RT trop limitée, Microsoft revient avec une version Pro embarquant la version complète de Windows 8, capable de faire tourner tous les programmes PC sur une tablette de 10,6 pouces équipée d'un processeur Intel. Disponible à partir du 9 février aux Etats-Unis et prochainement en France, elle n'a pas complètement convaincu les testeurs américains.

Surface Pro comme PC

Surface Pro offre des caractéristiques identiques à celles du Macbook Air: 10,6 pouces, processeur Intel i5 1,7 Ghz, puce graphique Intel HD 4000, 4 Go de RAM et 64 ou 128 Go de mémoire flash. Attention cependant, The Verge rappelle qu'avec Windows 8 installé, il ne reste que 23 go disponible et conseille donc la version 128 Go. Surface Pro est légèrement plus compacte que l'ultraportable d'Apple: 910 grammes vs 1,08 kg, 13 mm d'épaisseur vs 17 mm. L'autonomie de la batterie est également comparable, de 5 à 6 heures en utilisation «light» et entre 3 et 4 heures seulement pour des tâches plus intenses comme la lecture vidéo, selon les tests d'Engadget. C'est deux heures de moins que le Dell XPS 12 ou l'Acer Iconia W700. Côté prix, il faut ajouter la couverture/clavier smart type à 130 dollars à une tablette qui démarre à 899 dollars, pour un coût total similaire au... Macbook Air (999 dollars).

Venture Beat est «agréablement surpris» par les performances, avec un Windows 8 «ultra réactif», même avec de nombreux programmes ouverts. The Verge note toutefois que côté jeux, «le nombre d'images par seconde reste instable, même avec les réglages graphiques au minimum» pour Borderlands 2 ou Modern Warefare 3. Le site souligne cependant que c'est le cas de la plupart des Ultrabooks sous les 1.000 dollars. Si Surface Pro tient la comparaison au niveau des performances, AllThingD juge que taper au clavier «n'est pas confortable» avec le trépied posé sur ses genoux. «Un comble» pour une machine qui veut remplacer le laptop, attaque Engadget.

Surface Pro comme tablette

La batterie est le véritable point noir. La plupart des tablettes récentes tiennent les 10 heures d'un vol Paris-Los Angeles en lecture vidéo. A 4 heures, Surface Pro lâche quelque part entre l'Islande et le Groenland. Ars Technica souligne également que la tablette chauffe et que les ventilateurs sont parfois bruyants. C'est la faute du processeur Intel Ivy Bridge, explique AnandTech. Les choses devraient s'améliorer avec la prochaine génération baptisée Haswell mais elle ne débarquera pas avant la fin de l'année sur tablette.

A 910 grammes et 13 mm d'épaisseur, Surface Pro est également 50% plus lourde et plus épaisse que l'iPad. «Impossible de la tenir d'une main, et c'est fatiguant même à deux», avertit AllThingsD. La précision du stylus, sur le modèle du Galaxy Note de Samsung, enfin, est unanimement saluée.

Le verdict

AnandTech et Venture Beat estiment que Surface Pro est «le meilleur hybride PC-tablette» existant. Wired et Cnet lui décernent un honnête 7 sur 10 mais conseillent d'attendre une future version moins lourde et avec une meilleure autonomie. D'autres, comme Ars Technica, estiment carrément que «le design hybride ne fonctionne pas». Le consensus général, partagé par The Verge, Gizmodo et Engadget, c'est que Surface Pro est trop limitée dans son format et dans ses performances pour remplacer un PC ou une tablette. Avec l'aide d'Intel, la prochaine fois sera peut-être la bonne pour Microsoft.