Alimentation : Cadmium, mercure, plomb… Une exposition « toujours préoccupante » des Français, selon l’Anses
warning•Dans une nouvelle étude publiée ce jeudi, l’Agence nationale de sécurité sanitaire alerte sur les taux trop élevés de métaux lourds présents dans l’alimentation des Français20 Minutes avec AFP
Cadmium, mercure, plomb acrylamide… Dans un nouvel état des lieux publié ce jeudi, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a rappelé que l’exposition des Français à ces substances chimiques via l’alimentation était « toujours préoccupante ».
C’est la troisième fois depuis le début des années 2000, que l’Anses évalue les risques sanitaires liés à l’exposition chronique de toute la population à ces substances chimiques présentes dans leur alimentation. « Les expositions à l’acrylamide, au cadmium, au plomb, à l’aluminium et au méthylmercure restent trop élevées pour tout ou partie de la population », a résumé l’agence sanitaire qui recommande de poursuivre les efforts de réduction et de renforcer la surveillance.
Une augmentation délétère malgré des bénéfices nutritionnels
Au total, l’agence a passé au crible plus de 250 substances. Grâce à l’analyse d’échantillons représentatifs des habitudes alimentaires et culinaires, combinée à des données de consommation alimentaire, elle a pu mettre en évidence que si la concentration moyenne en acrylamide, argent, aluminium, cadmium et plomb dans les aliments avait globalement diminué par rapport aux années 2006-2011, ce n’était pas le cas pour tous les aliments.
« Des augmentations sont observées », notamment dans « certains produits à base de céréales tels le pain, les biscuits sucrés, les viennoiseries ou les pâtes, qui contribuent le plus à notre exposition alimentaire à l’aluminium, au cadmium et au plomb », a précisé l’une des coordinatrices de l’étude, Véronique Sirot, dans un décryptage.
En revanche, « les concentrations de ces contaminants dans certains légumes augmentent, sans que cela ne remette en cause le bénéfice nutritionnel incontestable de leur consommation », a-t-elle ajouté.
Cadmium, plomb et méthylmercure trop élevés
De nombreux métaux se retrouvent dans l’alimentation « parce qu’ils sont naturellement présents dans l’environnement […] mais aussi parce que les activités humaines - agriculture, industries, trafic routier, etc. - utilisent ou produisent des éléments-traces métalliques, qui se retrouvent ensuite dans les sols, l’eau ou l’air », a également expliqué Morgane Champion, autre coordinatrice de l’étude.
En août dernier, le cadmium avait déjà suscité des inquiétudes pour sa présence dans du chocolat. Ici, les principales familles alimentaires liées à son exposition restent similaires à celles identifiées dans la précédente étude. Sont donc concernés le pain et les produits à base de blé comme les pâtes, les viennoiseries, pâtisseries, gâteaux et biscuits, les pommes de terre et les légumes, et, pour ceux qui en consomment régulièrement, les mollusques et crustacés.
Pour le méthylmercure, retrouvé principalement dans les poissons, surtout ceux en bout de chaîne alimentaire comme le thon, les niveaux de contamination et d’exposition sont similaires au précédent panorama. Pour limiter le risque de surexposition tout en couvrant au mieux ses besoins en nutriments, l’Anses recommande deux portions de poissons par semaine maximum, dont un poisson gras, en variant les espèces et les lieux d’approvisionnement.
Quant au plomb, l’exposition alimentaire, principalement par l’eau mais aussi par le pain, les légumes, les boissons alcoolisées, a chuté chez les enfants (-27 %) et les adultes (-49 %).
Il faut « poursuivre les efforts »
Hors métaux lourds, l’Anses note une diminution, en moyenne, des concentrations d’acrylamide dans les aliments auparavant les plus contaminés, ainsi que dans les principaux contributeurs d’exposition, comme le café. Mais l’exposition des Français reste trop élevée, prévient l’agence, qui recommande de « poursuivre les efforts », surtout pour les frites et pommes de terre sautées, sources majeures de contamination potentielle, et de renforcer la surveillance de la contamination des denrées alimentaires.
L’Anses publiera prochainement une autre expertise sur l’exposition globale des Français au cadmium, pas uniquement par l’alimentation.



















