Footix, la mascotte de la Coupe du monde 1998, en avril 1998, au Stade de France.
Footix, la mascotte de la Coupe du monde 1998, en avril 1998, au Stade de France. - THOMAS JEAN-PAUL/SIPA

Il s’appelle Fabrice Pialot, et à moins d’être un expert en jazz, qu’il pratique dans un relatif anonymat, il y a très peu de chances que son nom vous dise quoi que ce soit. Et pourtant, il est le créateur de deux mythes de la fin du XXe siècle: les personnages de la publicité Sironimo, et surtout l’immense «Footix», la mascotte officielle de la Coupe du monde 1998. Souhaitons à celle de l’Euro 2016, qui sera dévoilée mardi avant France-Suède, le même succès que le petit coq bleu à crête rouge.

Car oui, malgré les railleries, «Footix» est à ce jour la mascotte d’un mondial la plus célèbre de tous les temps. «Avec les parodies des Deschiens ou des Guignols, j’étais aux anges, raconte Fabrice Pialot. Comme on dit: qu’on parle en mal ou bien, mais qu’on parle de vous». Ce n’est pas forcément l’avis de l’agence Dragon Rouge, qui avait remporté l’appel d’offres à l’époque. «On le voit encore sur des casquettes aujourd’hui, rappelle Christian de Bergh, directeur général de l’agence. Mais avec le côté très français où on se fout de la gueule de tout le monde. Moi je considère que ce qu’on a fait était juste, sympathique, universel.»

Evidemment, l’invasion des coqs en peluche a été facilitée par la victoire française. Mais il n’y a pas que ça. «Il a marché parce qu’il a été traité comme un produit marketing, annonce Fabrice Pialot. J’ai fait ça comme pour un yaourt ou un jus de fruits. Il fallait trouver un animal qui soit aimé par le monde entier. Tout le monde mange du poulet! Mais tout le monde ne mange pas de porc ou n’aime pas les chats. C’est du ludique et de l’enfant, c’est ma spécialité», raconte celui qui se définit comme un «mascotteur».

«J’étais tout seul face à la Fifa et au comité d’organisation, c’est la World Company»

Quant à la paternité du nom lui-même, difficile d’y voir clair. «A un moment c’est apparu, mais je ne connais pas son origine. On s’était dit que par rapport à Asterix et Obelix, c’était bien», tente de se souvenir Christian de Bergh. «Moi je lui avais donné comme nom «Footy», raconte Fabrice Pialot. Ce que m’a dit le comité organisateur, c’est qu’il y a eu un appel auprès des licenciés, enfin je crois». Pour celle de l’Euro 2016, c’est par Twitter que la FFF a choisi de passer pour baptiser le successeur de «Footix». 

En espérant que les négociations financières se passent dans une atmosphère plus détendue cette fois-ci. Car les «pères» de «Footix» n’ont pas fait fortune, loin de là. Christian de Bergh: «ISL, la société qui gérait tous les droits de la Fifa à l’époque, ça a été une très belle mascotte pour eux. Nous, on s’est fait payer, mais personne ne gagne des ponts d’or dessus. Sauf la Fifa». «Je ne veux pas rentrer dans les détails, ça a été terrible. Verdun à côté c’était rien, assure Fabrice Pialot. J’étais tout seul face à la Fifa et au comité d’organisation, c’est la World Company. Ça a été terrible, déjà d’arriver à exister. A un moment donné, j’ai failli dire «bah prenez en une autre», mais Michel Platini l’a défendu parce qu’il aimait bien le personnage.»

Ce qu’il lui reste aujourd’hui de «Footix»? La chance d’avoir pu emmener son fils de dix ans au Stade de France pour la finale. Et un carton de produits dérivés rangé quelque part chez lui. On y trouve des peluches, des casquettes, et même «du PQ Footix et des préservatifs Footix», enchaîne Fabrice Pialot. Ce qui a sans doute considérablement limité ses qualités de coq reproducteur.

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