Taxe à 75% dans le foot: Hollande reçoit les patrons de club
ECONOMIE•Le chef de l'Etat ne devrait, cette fois, pas céder...20 Minutes avec AFP
Les patrons des clubs de football, qui menacent de faire grève contre la taxe à 75%, rencontrent ce jeudi le président de la République, François Hollande, mais leur cause semble perdue tant les pouvoirs publics ont multiplié les messages de fermeté sur ce texte.
«Le Président doit dire aux présidents de clubs de foot qu'il faut qu'ils mouillent le maillot pour notre pays», a ainsi lancé le président du groupe PS à l’Assemblée nationale, Bruno Le Roux, sur France Info, tandis que le ministre du Travail, Michel Sapin, insistait sur LCI: «Il ne faut pas mollir sur ce point parce qu'il n'y a aucune raison de le faire.»
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Comment les clubs de foot pros ont-ils encaissé ces déclarations? Dans leur camp, les espoirs ont été clairement refroidis par la journée de mercredi, selon une source proche du dossier interrogée par l'AFP.
La bataille de la rétroactivité
Le rendez-vous reste en tout cas fixé à 16h30 jeudi à l'Elysée entre le chef de l'Etat et les présidents de la Fédération et de la Ligue du foot, accompagnés de six présidents de clubs et d'un représentant de chacun des autres acteurs du secteur.
Jeudi, les patrons du foot ne vont pas demander le retrait du projet du loi, mais négocier sa non rétroactivité. En clair, les clubs pourraient accepter le principe d'une taxation sur les «nouveaux contrats à durée déterminée (des joueurs)», comme l'a expliqué à l'AFP Jean-Pierre Louvel, président de l'UCPF, le syndicat des clubs professionnels, et lui même président du Havre (L2).
«Nous ne cherchons pas le bras de fer, expose encore Jean-Pierre Louvel. Nous disons que cette taxe, dans l'application qui est prévue, n'est pas acceptable. Nous ne demandons pas un recul total du gouvernement, mais un aménagement de son application, par rapport à la spécificité du foot.»
Selon un argumentaire du foot pro que s'est procuré l'AFP, cette taxe à 75% représenterait une charge totale de 44 millions d’euros pour la L1, estimation basée sur les hauts revenus d'environ 120 joueurs des 14 clubs concernés.
Grève, le souvenir de Knysna
Et les patrons du foot français de mettre en avant la perte cumulée de 108 millions d'euros en 2011/12 pour les deux divisions (L1 et L2).
Jusqu'ici tous les clubs professionnels, sauf un, celui de Guingamp, club longtemps présidé par Noël Le Graët, qui fut également maire PS de la ville et est toujours proche du gouvernement actuel, ont affiché leur détermination dans le projet de «journée blanche», mouvement qui serait abandonné en cas d'accord avec les pouvoirs publics (et prolongé à contrario).
Reste la grande inconnue: la réaction du public en cas de grève du foot, trois ans après la fameuse grève honnie des Bleus à Knysna, lors du Mondial 2010.


















