L'attaquant international suédois Zlatan Ibrahimovic, lors d'un macth contre l'Angleterre au cours duquel il inscrit un quadruplé.
L'attaquant international suédois Zlatan Ibrahimovic, lors d'un macth contre l'Angleterre au cours duquel il inscrit un quadruplé. - REUTERS

Romain Scotto

Cruyff, Maradona, Pelé ou Van Basten tremblent depuis mercredi soir. Lors de Suède-Angleterre, en amical, un grand attaquant suédois a décidé de s’immiscer dans le débat aussi futile qu’excitant du plus beau but marqué en match international. A ce sujet, inutile de demander à «Zlatan» quelle note artistique il attribue à son retourné acrobatique de 35m. Dans un souci d'impartialité, mieux vaut se tourner vers les spécialistes pour juger réellement son geste.

Laurent Leroy, docteur ès bicyclettes sous le maillot du PSG et de Cannes, avoue qu’il a été impressionné devant sa télé. «Son retourné est plus beau que les miens parce qu’il est à 35m.» La distance rend donc le geste plus improbable pour celui dont le dernier ciseau remonte à 2009 avec le RC Grasse… en CFA 2. Pour lui, seuls l’instinct et les qualités physiques d’Ibrahimovic permettent de réaliser ce type de geste. Mais de là à en faire le but du siècle, voire de l’année, «c’est un peu exagéré», enchaîne Amara Simba, autre grand amateur de retournés.

Amara Simba: «Mais j’ai tenté pire que ça!»

L’ancien joueur du PSG n’est pas près d’échanger son geste contre celui d’Ibra. «Moi je garde le mien, ça c’est sûr. En puissance, direct, sous la barre. Voilà quoi.» Tout juste reconnaît-il le «bon dosage» dans son lob, la «vraie difficulté» de son retourné. «Il sait que le gardien est battu. Il remet une balle un peu molle. C’est bien joué.» Sans plus, donc. A la place de Zlatan Ibrahimovic, l’ancien buteur ne se demande même pas s’il aurait tenté le geste. «Mais j’ai tenté pire que ça! Il y avait toujours des gens autour de moi. Là, il n’y a personne pour le gêner. Moi j’avais toujours une ou deux têtes qui traînaient.»

Quant à l’esthétique du mouvement, les spécialistes sont intraitables. «Ce n’est pas un pur ciseau, c’est clair, relève Leroy. Il est lourd, désarticulé, les jambes vont n’importe où. Mais au niveau du pied, il est vraiment ferme. Sinon, le ballon serait allé sur le côté.» Amara Simba n’homologue pas non plus l’AOC bicyclette. «Elle n’est pas parfaite. Je ne sais même pas s’il ne la prend pas de l’extérieur un peu. C’est un retourné lobé!»

Reste la question qui fâche et sur laquelle les supporters suédois ou parisiens manquent forcément d’objectivité. «Ibra» est-il chanceux pour marquer dos au but à une telle distance? Laurent Leroy est catégorique: «Il y a une part de chance, il faut être clair, mais ça n’enlève rien à son talent.» Encore faut-il oser ce type de gestes totalement déjantés.

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