Rave party de Redon : La préfecture a-t-elle empêché les pompiers de secourir les blessés ?

TEUF Plusieurs personnes blessées avaient dû se rendre aux urgences par leurs propres moyens

Camille Allain
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Dans la nuit du 19 au 20 juin 2021, des heurts ont éclaté entre teufeurs et gendarmes lors de la rave party à Redon.
Dans la nuit du 19 au 20 juin 2021, des heurts ont éclaté entre teufeurs et gendarmes lors de la rave party à Redon. — AP/SIPA
  • Dans la nuit du 19 au 20 juin, environ 1.500 personnes ont participé à une rave party à Redon.
  • La tentative de dispersion des gendarmes s’est soldée par une nuit d’affrontements qui a fait des blessés du côté des teufeurs comme des forces de l’ordre.
  • D’après Mediapart, la préfecture aurait empêché les pompiers d’intervenir la première nuit, alors qu’un jeune homme a eu la main arrachée.

La gestion de la rave party de Redon (Ille-et-Vilaine) continue de faire parler. Alors que trois enquêtes sont ouvertes pour tenter de faire la lumière sur la gestion de cet événement interdit qui s’était déroulé les 19 et 20 juin sur le terrain de l’hippodrome, un article de Mediapart vient semer le doute sur la prise en charge des blessés. Déjà critiquées pour avoir détruit du matériel de sonorisation le samedi, les autorités sont cette fois-ci accusées d’avoir empêché les secours d’accéder au site de la rave party pour porter secours aux blessés. Dans son article, le site d’information assure que « la préfecture a bloqué les pompiers à l’entrée du site » lors de la nuit d’affrontements entre les teufeurs et les forces de l’ordre. C’est lors de cette nuit qu’un jeune homme de 22 ans habitant à Rennes a perdu sa main dans des circonstances qui restent à éclaircir.

Interdite par arrêté préfectoral, la teuf en hommage à Steve Maia Caniço avait rassemblé environ 1.500 personnes les 19 et 20 juin. Le vendredi soir, la gendarmerie avait tenté de disperser la foule en usant de nombreux lacrymogènes dans une ambiance de chaos. D’après la préfecture, les forces de l’ordre avaient essuyé des jets de projectiles. Plusieurs gendarmes avaient été blessés. Plusieurs fêtards avaient également été blessés. En pleine nuit, ils avaient pourtant dû se débrouiller seuls pour se rendre à l’hôpital et se faire soigner. Les pompiers ont-ils été bloqués à l’entrée du site comme l’avance Mediapart ? Contactée, la préfecture refuse pour l’heure de s’exprimer. Elle a précisé à Mediapart qu’un chef de groupe, un infirmier et une ambulance étaient sur place à 1h51 le samedi 20 juin. Et que d’autres moyens ont été engagés au cours de la nuit. Sans que l’on ne sache s’ils ont pu accéder au site.

Une enquête « impartiale et indépendante » demandée

Dans un courrier adressé à Gérald Darmanin, l’ONG Amnesty International demande une enquête « impartiale et indépendante ». « Nous souhaitons obtenir de la part du ministre de l’Intérieur des informations détaillées sur les objectifs de l’intervention, les dispositifs mis en œuvre, les armes utilisées, les mesures de sécurité instaurées pendant les opérations, le nombre de blessés et les enquêtes ouvertes à la suite de ces événements », rappelle l’ONG.

Les images de la rave de Redon

Le procureur de la République précise qu’une enquête est menée par la section de recherches de la gendarmerie de Rennes pour tenter de faire la lumière sur cette soirée « dans un contexte difficile d’affrontements violents ». La gendarmerie est également la cible de critiques de la part des organisateurs, qui ne comprennent pas pourquoi leur matériel a été détruit « en toute illégalité » lors de l’évacuation du site le samedi. Le préfet, comme le procureur de la République, assure n’avoir jamais donné cet ordre.