Google: La FTC pourrait enquêter sur «Search plus your world»

INTERNET Plusieurs acteurs du Web craignent que la firme de Mountain View se laisse aller à des abus de position dominante et aille trop loin avec les informations personnelles à travers sa nouvelle recherche personnalisée...

Anaëlle Grondin

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Capture d'écran d'une recherche sur Google.com depuis le lancement de Search Plus Your World.
Capture d'écran d'une recherche sur Google.com depuis le lancement de Search Plus Your World. — CAPTURE D'ECRAN/20MINUTES.FR

La FTC, gendarme de la concurrence aux Etats-Unis, n’a pas fini d’entendre parler de Google. En juin 2011, le Wall Street Journal révélait que l’autorité américaine avait ouvert une enquête sur Google, soupçonné de privilégier ses propres services en ligne avec son moteur de recherche au détriment de ses concurrents. Et avec le lancement cette semaine outre-Atlantique de «Search plus your world», qui met en avant les contenus Google+ dans les résultats de recherche, la FTC pourrait être amenée à mener des investigations supplémentaires en ce début d’année.

Certains acteurs du Web n’apprécient pas les modifications que la firme de Mountain View a apportées à son moteur de recherche, dont la part de marché se situe aux alentours de 65% aujourd’hui. Twitter fait partie des premiers à avoir réagi dès mercredi en publiant un communiqué pour faire connaître ses craintes. «Comme nous avons pu le constater à plusieurs reprises, les informations apparaissent d’abord sur Twitter. Par conséquent, les comptes Twitter et les tweets sont souvent les résultats les plus pertinents», a déclaré le site de micro-blogging, s’attaquant à la mise en avant des contenus Google+. «Nous craignons que les changements opérés par Google ne rendent plus difficile pour tout le monde de trouver ces informations. Nous pensons que c’est mauvais pour les gens, les éditeurs, les médias et les utilisateurs de Twitter.»

Google suggère de suivre Mark Zuckerberg… sur Google+

20 Minutes a fait un petit «test» ce jeudi matin: en tapant Britney Spears sur Google.com (la version US), le compte Google+ de la chanteuse pop ainsi que sa dernière publication sur le réseau social figuraient en première position dans les résultats. Son compte Twitter, lui, n’apparaissait qu’en 7e position. Or, le message le plus récent posté par Britney Spears (ou ses attachés de presse) à ce moment-là figurait sur le site de micro-blogging. Par ailleurs, 1,384 millions d’internautes la suivent sur Google+ contre 12,367 sur Twitter…

Plus parlant encore, lorsque l’on commence à taper «Mark Zuckerberg» (le nom du patron de Facebook) dans la barre de recherche, Google propose de le suivre sur Google+ alors que «Mark n’a partagé aucun contenu» avec les internautes sur ce site. Pendant ce temps, il publie bien évidemment sur son propre réseau social.  La suggestion faite par Google n’est donc pas pertinente.

«Les  données privées des utilisateurs sont plus accessibles» selon l’EPIC

Au-delà du risque d’abus de position dominante par Google pour promouvoir son réseau social, qui compte plus de 40 millions d’utilisateurs depuis son lancement en juillet 2011, la question de la vie privée a été posée. L'Electronic Privacy Information Center (EPIC), qui représente les intérêts des internautes en la matière, envisage de saisir la FTC, rapporte le Los Angeles Times. A travers une note publiée sur son site, l’EPIC a déclaré: «Bien que les données des contacts d’un utilisateur de Google+ ne soient pas diffusées de manière publique [dans les résultats de la recherche de Google], les changements apportés par Google rendent les données privées des utilisateurs plus accessibles. [Ils] peuvent décider de ne pas voir les contenus personnalisés, mais ne peuvent pas empêcher leurs contenus à eux d’être trouvés [par leurs contacts Google+] dans Google Search.» Reste à savoir ce qu’en dira la FTC.