Les militants des mouvements «Occupy» auront bientôt leur propre réseau social

WEB Il permettra aux activistes de s'organiser en restant hors d'atteinte des autorités...

A.G.

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Le mouvement suscite autant l'intérêt pour les thèmes qu'il aborde - inégalités croissantes, pouvoir de la finance - que pour les produits dérivés qu'il pourrait générer, tee-shirts, casquettes, sacs et gadgets en tout genre.
Le mouvement suscite autant l'intérêt pour les thèmes qu'il aborde - inégalités croissantes, pouvoir de la finance - que pour les produits dérivés qu'il pourrait générer, tee-shirts, casquettes, sacs et gadgets en tout genre. — Emmanuel Dunand afp.com

«Nous ne voulons pas avoir à faire confiance à Facebook lorsque nous échangeons des messages privés entre activistes», a déclaré au site Wired le développeur Ed Knutson. Cet homme de 36 ans qui vit dans le Wisconsin aux Etats-Unis, s’échine pour que les activistes des différents mouvements «Occupy», qui militent pour plus de justice économique et sociale, ait leur propre plate-forme sociale.

L’objectif est de pouvoir continuer la protestation en ligne, alors que plusieurs campements à travers le monde, comme celui d’Occupy Wall Street à New York, ont été démantelés par les autorités. Mais il s’agit surtout de pouvoir échanger, s’organiser, collaborer sur des projets de groupe, sans avoir affaire à la police et risquer de se faire arrêter.

Des informations sur plusieurs comptes demandées à Twitter

Facebook et Twitter ont été de formidables vecteurs d’information et de mobilisation pendant le Printemps arabe ou lorsque les Indignés européens ont souhaité développer leur mouvement. Mais ces réseaux sociaux restent des entreprises américaines, qui ont obligation de collaborer avec les autorités. La preuve, Mashable rapporte que Twitter a reçu une injonction le 14 décembre d’un procureur du Massachusetts afin d’obtenir des informations, pour la police de Boston, sur plusieurs comptes dont @OccupyBoston . «Ce qui amène certains à se dire que la police contrôle l’activité en ligne des militants»,  écrit le site spécialisé.

Une inscription sur invitation uniquement

Voilà pourquoi «Global Square», le réseau social en cours de création pour les mouvements «Occupy» doit voir le jour, estime Ed Knutson. Le principal défi sera de s’assurer que tous les membres sont dignes de confiance, explique-t-il à Wired.  Rejoindre la plate-forme se fera alors uniquement sur invitation, à la différence de Twitter, Facebook et Google+, sur lesquels tout le monde peut avoir un compte en fournissant simplement une adresse e-mail. «Vous devez connaître quelqu’un dans la vraie vie qui va vous parrainer», indique Ed Knutson.

La plate-forme offrira aux militants une carte interactive des soulèvements à travers le monde, une fonction de recherche pour trouver les mouvements qui se sont créés près de chez eux, des forums de discussion, un espace pour les travaux de groupe ou encore une messagerie. Une première version de «Global Square» devrait voir le jour courant janvier.