Les LulzSec, gentils loleurs ou dangereux hackers?

INTERNET Le collectif a piraté Sony, le FBI et le Sénat américain...

Sandrine Cochard

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Le Sénat, le 24 février 2009, à Washington DC.
Le Sénat, le 24 février 2009, à Washington DC. — REUTERS/Jim Young

LulzSec est en passe de devenir le nouveau collectif de hackers médiatique. Adepte des coups et les relayant abondamment, il éclipse actuellement Anonymous, en prise avec la justice et qui doit faire face à l’arrestation de certains de ses membres. Les Lulz Sec, pour Lulz Security, ont déjà revendiqué des cyber-attaques sur les sites de SonyPictures.com, d’une chaîne américaine, de l’éditeur de jeux Bethesda, du FBI et même du Sénat américain.

L’étendard du LOL

Malgré ces piratages, largement mis en avant sur leur site, les hackers de Lulz Security restent mystérieux sur leurs origines et leurs motivations. «Nous sommes LulzSec, une petite équipe de personnes amusantes qui pensent que la grisaille de la cyber-communauté est un fardeau sur le plus important: le plaisir», affirment-ils en guise de présentation sur leur site. Personne ne connaît leur identité et plusieurs sites, dont celui de la BBC, s’y sont cassé les dents. Les LulzSec n’apparaissent même pas dans l’Encyclopedia Dramatica, le Wikipedia de la culture Internet.

Tout juste concèdent-ils agir «pour le fun» (d’où le «Lulz» de leur nom) et invitent les internautes à les rejoindre sur «le Lulz Boat», sur fond de musique de la série «La croisière s'amuse». Un étendard du LOL brandi dans les rares interventions médiatiques du collectif. «Nous agissons pour le lulz et la justice», explique ainsi un membre du groupe, Whirlpool, dans une interview à Forbes. «Nous aimons faire rire les gens. Nous avons beaucoup d'énergie pour le faire», poursuit-il.

Officiellement, le collectif ne pirate les sociétés que pour alerter sur leurs failles de sécurité. «Pourquoi avoir une telle foi dans une société qui permet à une simple attaque d’accéder à ses données?» avait ainsi interpelé le groupe dans le communiqué publié après l’attaque contre Sony, début juin. Mais ces «hackers invisibles» et «multirécidivistes» selon Owni a aussi dans sa ligne de mire «les mouchards et les agents fédéraux».

Menaces et extorsion

Point de discours politique toutefois. «Si vous voulez de l’éthique, allez pleurer chez les Anonymous. Que les vrais fans de lulz (de lol) restent connectés. Les deux ou trois jours qui viennent devraient apporter leur lot de divertissement», ont-ils lâché sur Twitter, dimanche, prenant ainsi leurs distances avec le célèbre groupe de hackers Anonymous, au discours ouvertement politique. Avec plus de 130.000 abonnés sur le site de micro-blogging, le collectif a ses adeptes.

Tout le monde ne partage toutefois pas cette vision aseptisée des LulzSec. Notamment Karim Hijazi, le PDG  de la société Unveillance, spécialisée dans les systèmes de sécurité informatiques. Après le piratage d'InfraGard, une société liée au FBI, Karim Hijazi a publié une lettre dans laquelle il retranscrit un échange qu’il aurait eu avec un membre des LulzSec. Le collectif aurait tenté de lui soutirer de l'argent en le menaçant directement, lui et sa famille. Des accusations démenties par le collectif LulzSec qui a verrouillé sa communication et décidé d’imposer son tempo en la matière.