Youtube répond aux accusations de censure

INTERNET La site a supprimé une vidéo de la répression des manifestations en Tunisie...

S. C.

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Une chanson ("Sale pute") du rappeur normand Orelsan a déclenché une polémique en raison de ses paroles violentes à l'égard des femmes: des ministres demandent son retrait des plateformes de partage de vidéos, des associations ne veulent pas voir l'artiste au Printemps de Bourges.
Une chanson ("Sale pute") du rappeur normand Orelsan a déclenché une polémique en raison de ses paroles violentes à l'égard des femmes: des ministres demandent son retrait des plateformes de partage de vidéos, des associations ne veulent pas voir l'artiste au Printemps de Bourges. — Samantha Sin AFP/Archives

«Youtube censure-t-il les vidéos des massacres en Tunisie?» La question a été posée mardi matin par le site ReadWriteWeb France. Partant du constat qu’une vidéo de la violente répression des manifestations en Tunisie avait été supprimée, le site dénonce une «réaction sans appel» de Youtube, soulignant que des plateformes comme Vimeo et Dailymotion, l’avait, elles, diffusée.
 
«Pas de sélection»
 
Contacté par 20minutes.fr, Youtube se défend de toute forme de censure –«il n’existe pas de sélection des vidéos mises en ligne», affirme-t-on chez Youtube France- et rappelle que ses conditions d’utilisation ne sauraient tolérer de vidéos violentes. Le texte, auquel tout utilisateur inscrit sur Youtube est soumis, met également en garde contre la vue de «personnes blessées» ou des «cadavres», ce qui concerne directement la vidéo postée par Fabrice Epelboin (âmes sensibles s’abstenir…).
 
La règle vaut aussi pour des vidéos portant atteinte à l’image d’un tiers, incitant à la haine ou dont l’utilisateur ne dispose pas des droits d’auteurs, par exemple. C’est pour cela qu’à la place, Youtube a posté ce message: «Cette vidéo a été supprimée car son contenu ne respecte pas les conditions d’utilisation».
 
De son côté, Dailymotion réserve le visionnage de cette vidéo aux majeurs enregistrés sur son site, invoquant «un contenu potentiellement inapproprié aux mineurs». De même, Numerama a publié la vidéo en prenant soin d’avertir ses internautes des «images très choquantes» contenues dans la vidéo.
 
Droit à l’information
 
Mais plus que la violence, la question de cette vidéo est celle du droit à l’information. «En titre de la vidéo, j'ai écrit le lieu, la date. C'est du contexte. Ce n'est pas de la violence gratuite, c'est un contenu politique», fait valoir Fabrice Epelboin sur Lepost.fr. Une information «dans sa plus réalité la plus crue», selon Numerama, qui soulève le problème des vidéos dont l’intérêt historique ne saurait être gommé par la violence.
 
Youtube lui-même avait d’ailleurs accepté de laisser en ligne la vidéo de la pendaison de Saddam Hussein «car elle a une valeur informative». Mais ces vidéos sensibles sont traitées au cas par cas, selon Youtube. Il n’est donc pas impossible que le site révise sa position au sujet de la vidéo de RWW.