Avec la Freebox 6, Xavier Niel promet la «Révolution»

HIGH-TECH Le fournisseur d'accès à Internet a dévoilé mardi sa nouvelle box qui intègre, entre autres, un disque dur de 250 Go et les appels illimités vers les mobiles...

Sandrine Cochard
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MEIGNEUX/SIPA

Free prend une sérieuse longueur d’avance sur ses concurrents.  L’opérateur a dévoilé mardi la Freebox 6, baptisée «Révolution», et  affiche ses ambitions: «Nous voulons que nos clients se séparent de tout  ce qu'il y a au-dessous de leur téléviseur», a asséné Xavier Niel, le  patron de Free, lors d’un show de présentation à la Steve Jobs. En  clair, la Freebox 6 veut remplacer votre lecteur de DVD et de CD, voire  votre console de jeu. La révolution annoncée tient-elle la route?  Décryptage.

Dernier cri

Griffée Philip Starck, la Freebox 6 associe deux boîtiers: un modem  (server) et un décodeur TV (player). Elle intègre un disque dur de 250  Go, la norme Wifi de dernière génération (802.11n à450 Mbit/s), un  lecteur Blu-ray compatible avec la télévision 3D et un processeur Intel  Atom de 1,2 GHz. «Il offre une puissance quatre fois plus importante que  ce qui se fait aujourd’hui dans le monde des box», note le site  Frenchweb. Enfin, la Freebox «Révolution» permet d’accéder à Internet via un navigateur maison, de consulter et de partager des fichiers à distance et est équipée de deux petites enceintes. «C'est inédit, on dirait qu'ils ont pris le meilleur de ce qui existe pour en faire un objet unique, s'enthousiasme Xavier Debbasch, co-fondateur et directeur général d'Airweb. Tout a été bien pensé: la technologie, les services et le design.»

Parmi les fonctionnalités à noter, celle du téléchargement depuis la box  de fichiers «selon les protocoles ftp, http, torrent» directement sur  le disque dur. L’Hadopi appréciera. Free lorgne également du côté des  jeux vidéo. En plus de fournir une manette avec sa box, l’opérateur  propose plusieurs jeux à la vente sur son nouveau magasin  d'applications, le Freestore. Free a d’ailleurs signé un partenariat  avec Gameloft, spécialiste du jeu mobile, pour lui fournir du contenu.

Enjeux

Mais Free prépare surtout son arrivée sur mobile, prévue en 2012.  Le lancement de ce nouveau boîtier constitue en effet un enjeu majeur  pour l’opérateur, qui doit réagir rapidement aux offres multiservices de  type «quadruple play» (télévision-Internet-téléphone-mobile) déjà  proposées par ses concurrents. C’est pourquoi Free propose, dans son  forfait, la possibilité d’appeler gratuitement les mobiles de tous les  opérateurs 7 jours sur 7 et 24/24. Une façon de rattraper son retard et  de conforter son image d’entreprise innovante. «C'est un pari risqué car couteux pour Free, mais c'est assurément un vrai facteur différenciant» souligne encore Xavier Debbasch pour qui on retrouve le Free visionnaire «qui veut donner un vrai coup de pied dans la fourmillière».

Sur le papier, la Freebox 6 – «conçue pour les cinq prochaines années»  selon Xavier Niel- s’annonce comme une sérieuse concurrente pour les  autres opérateurs télécoms, dont les box prennent un sérieux coup de vieux. SFR, Orange et Bouygues seront-ils les  grands perdants? Pas sûr. Car si la révolution technique est bien là,  celle du prix n’y est pas. Free, qui a bâti son image de trublion du Net  avec la première offre «triple play» à moins de 30 euros par mois,  proposera in fine une box plus chère.

Officiellement, le prix du forfait reste inchangé à 29,90 euros par  mois. Il faudra pourtant y ajouter, suivant les cas, le coût du dégroupage total,  auparavant gratuit et désormais facturé 5,99 euros supplémentaires. Plus  le coût de la «taxe Baroin», dont Free n’a pas encore précisé le  montant qui sera répercuté sur la facture de ses abonnés (s’il suit l’exemple d’Orange, seul opérateur à avoir communiqué sur la question,  elle devrait être de 3 euros). La facture pourrait finalement afficher  autour de 40 euros mensuels. Vu les avancées techniques de cette  nouvelle Freebox, c’est encore l’un des meilleurs rapports qualité-prix.