Facebook va-t-il tuer le Web?

DEBAT Le père du World Wide Web, Tim Berners-Lee, est remonté contre le réseau social...

Philippe Berry

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Une cartographie partielle de l'Internet et le logo Facebook
Une cartographie partielle de l'Internet et le logo Facebook — PHOTOMONTAGE/DR

De notre correspondant à Los Angeles

Facebook est un cancer, ou plus exactement un parasite qui s'est greffé sur le Web et prolifère de manière incontrôlée. Tim Berners-Lee ne le dit pas en ces mots, mais c'est tout comme. Dans son long plaidoyer pour sauver le Web, publié lundi dans Scientific American (et dont vous nous parlions ici), le père du World Wide Web s'attaque en vrac à la net-neutralité, à iTunes ou encore Hadopi. Et à Facebook, donc, qui, «avec les sites sociaux» majeurs «sapent petit à petit les principes fondateurs» du Web: «l'ouverture et l'universalité».

Tim Berners-Lee, qui a établi avec Robert Cailliau les bases du HTML et du navigateur Internet en décembre 1990, ne s'attaque pas au partage social en vigueur sur Facebook mais à la manière dont il est réalisé. Selon lui, Facebook est «un jardin fermé» qui pourrait «fragmenter le Web».

Facebook s'infiltre partout

Une guerre a notamment éclaté ces dernières semaines entre Google et Facebook sur la portabilité des données. Pour exporter ses contacts Facebook vers Gmail, il faut par exemple bricoler via Windows Live ou Yahoo ou une app.

Parallèlement, Mark Zuckerberg a semé des miettes sur tout le Web avec Facebook Connect ou les plugins sociaux comme les boutons «like» qui fleurissent un peu partout. Problème, selon TBL, Facebook «n'offre pas un contrôle des données à l'utilisateur». Et surtout, il faut être membre de Facebook pour avoir accès à tous les échanges sociaux qui s'y déroulent.

Google a bien tenté avec OpenSocial de mettre en place des standards ouverts. Les étudiants du projet Diaspora aussi. Mais avec avec 600 millions d'utilisateurs (presque un internaute sur trois), Facebook écrase pour l'instant la concurrence. A quand un procès de l'Union européenne pour «abus de position dominante»?