Les applications les plus populaires sur Facebook transmettent vos données personnelles

WEB Même si vous avez verrouillé vos paramètres de confidentialité...

C.P.

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La page d'accueil de Facebook sur un écran d'ordinateur, le 21 avril 2010.
La page d'accueil de Facebook sur un écran d'ordinateur, le 21 avril 2010. — REUTERS/Thierry Roge

Encore? Bah oui, encore. Facebook s’est fait gruger par les développeurs d’applications qui revendent les données personnelles des utilisateurs à des publicitaires et agences de profilage sur Internet. Le Wall Street Journal, qui révèle l’information, précise que non, si vous avez bien verrouillé vos paramètres de confidentialité, vous n’êtes pas pour autant à l’abri.

L’utilisation la plus frappante de ces informations implique une société basée à San Francisco, du nom de RapLeaf. Cette compagnie compile et revend les profils Facebook. Il ne s’agit pas des adresses, numéros de téléphone etc, mais de l'identifiant de l'utilisateur sur le réseau social, c’est-à-dire des informations permettant aux publicitaires de savoir qui s'intéresse à leurs pubs, et de dresser des portraits des cibles publicitaires, à travers des informations souvent publiques, comme l'âge, le ville d’habitation, etc.

Rap Leaf a donc, selon le WSJ, revendu des profils d’utilisateurs, étudiant notamment le type d’activité qu’ils ont en ligne. Le Wall Street Journal a découvert que certaines applications développées par LOLapps transmettaient des informations à RapLeaf, qui a elle-même procuré ces informations à une douzaine d’entreprises, dont Google Inc.'s Invite Media et des agences de pub. Parmi les applis en cause, on trouve aussi la très populaire www.farmville.com/

Grave pour qui ?

L'affaire est moins grave que certaines autres ayant émaillé l’actualité de Facebook au cours des derniers mois. Dans le cas de certaines applications, la transmission de données a même pu se faire, non de façon frauduleuse, mais simplement par erreur, précise le WSJ.

Néanmoins, pour Facebook même, si des sociétés peuvent communiquer des informations à leur insu, c’est pour le moins inquiétant. Cela signifie qu’ils ne sont pas tout à fait maîtres à bord. Mais cela signifie aussi que d’autres sociétés liées à Facebook peuvent profiter de leurs données et rendre moins avantageux, pour les publicitaires, de faire campagne sur le réseau social, puisqu’ils peuvent cibler davantage. Facebook ne serait plus alors le point de charnière obligé. Et cela ennuierait peut-être Mark Zuckerberg davantage que la protection de la vie privée des Internautes.