La technophobie est déterminée avant la naissance

WEB La peur de l'utilisation de la technologie n'est pas due à l'éducation, selon une étude britannique...

Charlotte Pudlowski

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Les femmes qui ont accouché de foetus nés sans vie pourront désormais les inscrire symboliquement sur le registre de l'état civil et faire leur deuil en leur donnant une sépulture, selon des dispositions publiées vendredi.
Les femmes qui ont accouché de foetus nés sans vie pourront désormais les inscrire symboliquement sur le registre de l'état civil et faire leur deuil en leur donnant une sépulture, selon des dispositions publiées vendredi. — Didier Pallages AFP/Archives

Votre comportement vis-à-vis des nouvelles technologies a pu être influencé non pas par la culture et l’éducation, mais par les hormones, alors que vous n’étiez encore qu’une petite chose dans une flaque de placenta -dans le ventre de votre mère. Ce sont des chercheurs britanniques de la Bath University qui l’assurent. 

Mark Brosnan, directeur du département de psychologie et de la recherche en question, explique à 20minutes.fr que la technophobie –ou angoisse vis-à-vis de la technologie-, est assez répandue. «Dans la plupart des études, environ un tiers des personnes sondées sont mal à l’aise avec la technologie. Ils peuvent s’en servir, mais ça les dérange, et ils l’évitent dans la mesure du possible. Parmi ce tiers, 5% montrent des symptômes d’anxiété classiques quand ils sont confrontés à la technologie: palpitations, paumes moites…»
 
Testostérone prénatale

Or, l’étude menée à la Bath University montre que cette technophobie est le fruit des hormones. La testostérone prénatale a un impact sur le cerveau en construction et rend plus ou moins facile pour une personne de comprendre les technologies dans sa vie future.

«La testostérone est considérée comme un élément fondamental dans la construction du cerveau, et permet de renforcer certaines facultés utiles lorsque l’on a affaire aux technologies, précise Mark Brosnan. Plus le taux de testostérone prénatale est élevé (et cela peut être mesuré scientifiquement), plus les individus seront à l’aise avec les technologies une fois adultes.» C’est ainsi que l’on retrouve chez les étudiants en informatique des individus ayant eu des taux de testostérone prénatale élevés.
 
«C’est fascinant que cet indice de testostérone pré-natale ait un impact sur les notes universitaires vingt ans plus tard», ajoute le chercheur au Telegraph. «Cette étude montre que les technophobes ne sont pas des ratés. Comprendre cette relation entre la quantité d’exposition à la testostérone prénatale et l’anxiété face à la technologie est cruciale pour mieux aider les technophobes.»