«The Social Network» est-il un film pour geeks?

WEB Le film évoque davantage l'ambition d'un jeune Américain que la création du réseau social…

Mélissa Bounoua

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Le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg (gauche) et son double à l'écran dans le film The Social Network, Jesse Eisenberg
Le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg (gauche) et son double à l'écran dans le film The Social Network, Jesse Eisenberg — PHOTOMONTAGE/REUTERS/K.WHITE/WireImage.com

A tous ceux qui pensent comprendre la machine Facebook en détail en allant voir The Social Network, vous serez déçu. Si le film de David Fincher, scénarisé par Aaron Sorkin, retrace effectivement les toutes premières étapes de la création de Facebook par Mark Zuckerberg, l’intrigue ne semble pas vraiment s’intéresser au site lui-même et à son développement.

Construit autour des deux procès qui opposent Zuckerberg à son ancien associé et à deux étudiants qui l’accusent d’avoir volé leur idée, le film raconte davantage les côtés sombres du jeune milliardaire, les accusations de tricherie, les trahisons et les mensonges. Des thèmes battus et rebattus à Hollywood. «Il n’explique pas le fonctionnement de la Silicon Valley ou le phénomène Facebook», critique le New York Times.

«Un film anti-geek»
 
«Le film ne comprend pas les entrepreneurs et les geeks. Il n'y a aucun effort fait pour comprendre le phénomène Facebook», explique Jeff Jarvis, consultant Web aux Etats-Unis sur son blog Buzzmachine.«Le film ne montre pas Internet comme une révolution mais comme la création de quelques hommes-machines, bizarres, ceux qu’on n’aimait pas à l’université. The Social Network est la revanche sur la revanche des nerds.»
 
Le scénariste a lui-même admis qu’il connaissait très mal Facebook dans une longue interview au New York Magazine. Aaron Sorkin n’a utilisé que la version 2010 du site et a expliqué qu’il ne se servait de son ordinateur que pour communiquer par mails avec ses amis.
 
David Kirkpatrick, l’auteur de The Facebook Effect, jugé plus fidèle que The Accidental Billionnaires sur lequel est basé le film, explique que beaucoup d’éléments de l’intrigue ont été inventés ou détournés pour servir la fiction: la scène d’ouverture, le procès avec son associé ou encore Facemash, le site d’origine.