L'Hadopi lance ses «Labs» pour sonder le Net

INTERNET Cinq ateliers chapeautés par le collège de la Haute autorité seront lancés d'ici à la fin de l'année...

Sandrine Cochard

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Le nouveau logo d'Hadopi, dévoilé le 3 mai 2010
Le nouveau logo d'Hadopi, dévoilé le 3 mai 2010 — DR

Il fallait se serrer un peu pour assister à la conférence de l’Hadopi, mardi. Dans une salle bondée et surchauffée du sous-sol de l’institution, installée dans le 14e arrondissement de Paris, Marie-Françoise Marais, présidente de la Haute autorité pour la diffusion des œuvres et les protection des droits sur Internet, et Eric Walter, secrétaire général de l’Hadopi, ont vanté l’entrée de l’institution dans une nouvelle phase: celle de l’action.

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Dialogue ouvert avec Free
 
Avant d’entrer dans le vif du sujet, Marie-Françoise Marais a préféré évacué tout de suite un sujet qui était sur toutes les lèvres: le refus de Free d’envoyer les emails d’avertissement à ses abonnés. «Pour l’Hadopi, la procédure est en marche. Les envois ont été faits et la procédure se poursuit, a déclaré la présidente. En adoptant cette position, Free porte atteinte à ses abonnés qui ne recevront pas ce premier mail.» Marie-Françoise Marais tient toutefois à réaffirmer que «le dialogue n’est pas rompu» avec l’opérateur turbulent. «Cette institution se veut ouverte au dialogue, au service de tous», y compris «auprès de ses détracteurs», a-t-elle martelé.
 
Ceci dit, Eric Walter a ensuite présenté les cinq «Labs» que l’institution lancera d’ici la fin de l’année. Ils seront consacrés aux «réseaux et technique», à «l’économie numérique de la création», aux «usages en ligne», à «la propriété intellectuelle et Internet» et «Internet et sociétés» a-t-il détaillé. Chacun de ses ateliers sera piloté par un expert pour chaque thématique recruté par l’Hadopi. Les candidats ont jusqu’au 15 novembre 2010 pour se faire connaître.
 
Ces cinq «Labs» ont pour objectif de «produire des analyses» afin d’aider l’Hadopi à être force de propositions en matière d’offre légale sur Internet et de soutien à la création. Dotés d’un budget total de «900.000 à un million d’euros», selon Eric Walter, ces ateliers ont un an pour faire leur preuve. Ils ont également accès à l’enveloppe de 400.000 euros que l’Hadopi réserve à ses études. «C’est un système expérimental», a souligné le secrétaire général de l’Hadopi. L’expérience pourra toutefois être prolongée si le collège de l’institution le juge utile.
 
Sécurisation de sa connexion
 
Car il reste de nombreuses interrogations en suspens, notamment concernant la sécurisation de sa connexion à Internet. L’Hadopi s’apprête d’ailleurs à lancer un appel d’offre pour «accompagner les utilisateurs» à sécuriser leur connexion. «La loi ne parle pas d’un logiciel de sécurisation unique», a rappelé Eric Walter. Reste que la liste promise parle gouvernement n’a toujours pas été publiée et qu’en la matière, les membres de l’Hadopi semblent bien démunis. «Je ne suis pas un ingénieur informatique», a reconnu Eric Walter, interpellé par un membre du Parti Pirate présent à la conférence. Espérons que les «Labs» concernés auront le leur.