L'inventeur du Web met en garde contre les législations anti-piratage

WEB Comme pour l'Hadopi par exemple...

C.P. Avec agence

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Le nouveau logo d'Hadopi, dévoilé le 3 mai 2010
Le nouveau logo d'Hadopi, dévoilé le 3 mai 2010 — DR

Tim Berners-Lee, considéré comme le père du World Wide Web, a mise en garde contre le «fléau» des législations anti-piratage, qui peuvent aller jusqu'à suspendre l'accès à l'Internet, comme en France ou en Grande-Bretagne.
 
Devant une conférence sur l'Internet à la Royal Society (Académie des Sciences) à Londres, Tim Berners-Lee a dénoncé «la vague de législations qui entendent donner aux gouvernements et aux fournisseurs d'accès le droit et le devoir de déconnecter les gens».

>> A quoi va ressembler la lettre d'Hadopi? La réponse par ici

Selon lui, «ce nouveau fléau» inclut une loi française qui doit entrer en vigueur cette année et qui menace de couper l'accès à l'Internet aux personnes qui téléchargent illégalement des contenus, et une loi adoptée en Grande-Bretagne en avril, qui pourrait aboutir au même résultat. Comprenez l’Hadopi ou la Digital Bill en Grande-Bretagne.
 
Conséquences dangereuses

«Qu'on puisse suspendre l'accès à l'Internet à une famille française parce que l'un des enfants a téléchargé illégalement un contenu, sans jugement, je crois que c'est une punition inopportune», a-t-il souligné.
 
«Je veux pouvoir continuer à utiliser l'Internet. Si l'accès m'est coupé, pour une raison ou une autre, en ce qui me concerne ma vie sociale serait totalement dégradée. Pour certains, c'est un accès à l'information médicale», a-t-il poursuivi.
 
«L'Internet est à un point critique»

Tim Berners-Lee, professeur au Massachusetts Institute of Technology (MIT), a indiqué que le Sénat américain examinait cette semaine une proposition de loi qui autoriserait le gouvernement à créer une «liste noire» de sites qui pourraient être bloqués par les fournisseurs d'accès.
 
Vingt ans après avoir conçu le premier site Web, alors qu'il travaillait au CERN de Genève, Tim Berners-Lee juge que «l'Internet est à un point critique».
 
S’il a concédé que les fournisseurs d'accès pouvaient exceptionnellement être tenus pour responsables sur des questions de terrorisme et de crime organisé, il a engagé les experts réunis pour la conférence à Londres à lutter contre l'encadrement du web créé au départ comme un lieu de liberté.