Licenciées pour avoir tenu des propos «injurieux» sur Facebook

RESEAUX SOCIAUX Leur avocat se demande comment l'employeur des trois femmes a eu accès à ces informations...

M.P. avec AFP
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La page d'accueil de Facebook sur un écran d'ordinateur, le 21 avril 2010.
La page d'accueil de Facebook sur un écran d'ordinateur, le 21 avril 2010. — REUTERS/Thierry Roge

Trois travailleuses sociales d’une association de défense de femmes victimes de violences conjugales de Périgueux ont été licenciées pour «faute lourde». La raison? Elles ont tenu sur Facebook des propos jugés «injurieux, diffamatoires et menaçants» par leur employeur, selon leur avocat. Leur licenciement intervient après l'échec d'une audience de conciliation, lundi. L’affaire sera donc jugée par le tribunal des prud'hommes de Périgueux le 14 mars 2011.

SOS-femmes «prétend que les trois salariées ont tenu sur des murs Facebook donc privés, dont l'accès est limité aux amis, des propos injurieux, diffamatoires et menaçants et engagé une procédure de licenciement pour faute lourde, un motif exceptionnel», a expliqué Me Eric Barrateau, en précisant qu'une quatrième personne, leur chef de service, a été remerciée pour un autre motif.

«On a eu le tort de dénoncer haut et fort les déviances de la direction», a déclaré de son côté l’une des licenciées, évoquant des «insultes» et de «gros dysfonctionnements dans la prise en charge des femmes». Ces trois femmes, des mères célibataires âgées de 36 à 42 ans, assurent avoir vu leurs conditions de travail se dégrader, parlant de pressions jusqu'à leur mise à pied le 6 juillet pour une conversation à trois Facebook. «On est en présence d'interception illicite et à l'évidence d'un bidouillage des propos qui ont été tenus», d’après Me Barateau.

«Menaces de mort»?

«A ce jour, l'employeur n'a pas dit comment il avait eu accès à ces informations», a poursuivi l'avocat périgourdin. En conséquence, les trois femmes ont porté plainte pour «interception illicite de communications», a-t-il annoncé, estimant que «la preuve illicite» n'est pas recevable devant un tribunal, pas davantage que «l'immixion dans la vie privée».

Si elles admettent avoir parlé des problème de l’association sur le site communautaire, les salariés licenciées contestent la «retranscription» des propos. Elles avaient notamment été convoquées au commissariat pour une plainte de l'employeur pour «menaces de mort et incitation à la haine». L’avocate de l’employeur, Me Marie-Claude Plisson, n’a de son côté pas voulu s’exprimer.