Comment faire pour avoir une vie privée alors qu'Internet ne vous oublie pas

MEDIAS Le documentaire «Ma vie à poil sur le web» diffusé sur Canal+ mercredi soir décrypte les coulisses des échanges sur la toile, 20minutes.fr a demandé quelques bons tuyaux à des internautes aguerris…

Mélissa Bounoua et Charles Dufresne

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Image tirée du documentaire «Ma Vie à Poil sur Internet» difusé le 22 septembre sur Canal+
Image tirée du documentaire «Ma Vie à Poil sur Internet» difusé le 22 septembre sur Canal+ — CHASSEUR D'ETOILES / CANAL +

«Premièrement il faut que tu fasses attention à ce que tu publies sur Facebook. Nous sommes à l’ère de Youtube et tout ce que tu publieras réapparaîtra un jour au cours de ta vie.» Voici le conseil donné par Barack Obama à un jeune lui confiant son souhait d'être président des Etats-Unis.

Contrôler son image sur Internet et protéger ses données personnelles à l'heure où chacun dit ce qu'il fait en temps réel via Facebook, twitter ou Foursquare, C'est ce qu'a choisi de montrer le grand reporter Yves Eudes dans son documentaire «Ma vie à poil sur le web» diffusé mercredi 22 septembre à 22h25 sur Canal+.

20minutes.fr a demandé à des utilisateurs avertis comment ils géraient la diffusion de leurs contenus. Il n'y a pas de secrets, il faut segmenter.

«On peut retrouver un tweet où je disais que j'apprécie la librairie de Dinard ou que La Bourgogne, ça vous cogne mais je ne mélange pas mes activités pro et perso, explique Versac, Nicolas Vanbremeersch dans la vraie vie. J’ai un blog perso où je publie peu: Meilcour et je dirige une PME, Spintank de 15 personnes, j’exerce un cloisonnement stricte entre ma vie privée et ma vie professionnelle.»

Le réseaux sociaux sont-ils lol?
Une sage méthode qu’appliquent même ceux qui laissaient filtrer des informations plus… personnelles. Capucine Piot, Aka Babillages, en a fait l’amère expérience. «Quand certaines filles ont commencé à poster des photos de seins sur twitter, j'ai riposté en disant que ça faisait salope 2.0 et une photo de moi en culotte est sortie». Une histoire qui a fini sur les sites de plusieurs médias. «On pense que les réseaux sociaux c'est LOL mais en fait pas du tout. On a déjà menacé de me casser la gueule et de me tuer».

Désormais Capucine Piot a décidé de segmenter. Elle a un donc «un compte twitter public totalement professionnel, et un compte complètement verrouillé pour discuter avec mes amis parce que je sais qu'il y a des gens qui font des recherches à mon nom.»

Blog emploi, blog business
Ce genre de dérapage peut coûter cher. La blogueuse Fanny Berrebi, présentée dans le documentaire n'a pas obtenu un poste de chef de projet à cause d’un billet sur son blog.

La vie privée est devenue si facilement accessible que la marque de prêt-à-porter Zara est même allée jusqu'à s'approprier les photos de blogueuses mode qu'elles avaient publiées sur leur blog pour vendre des t-shirts à leurs images sans leurs consentements ni que celles-ci soient au courant. Suite à cela, Miss Pandora et Betty ont décidé de riposter via...leurs blogs.

Pour d’autres, une grande présence en ligne peut plutôt servir de carte de visite. Exemple avec DeeDee bloggeuse embauchée chez Cosmoplitan.fr, en tant que responsable éditoriale du site internet. «Mes employeurs connaissent mon blog puisqu'ils m'ont recrutée par là. Mais je leur ai fait comprendre qu'en aucun cas, tenir ce blog ne pouvait leur porter préjudice... Au contraire. Un blog n'est pas un journal intime. Je montre ce que je veux bien montrer.»

Des usages et des outils qui ont évolués!
Car désormais, ce n’est plus forcément sur les blogs que les éléments de la vie privée fuitent. «Les gens ont moins tendance à partager leurs contenus via des blogs et davantage sur les réseaux sociaux où ils ont 100-130 amis qu’ils ont sélectionnés et avec qui ils décident de communiquer», explique Versac.

Et les choses ne devraient pas s’arranger avec la nouvelle tendance, la géolocalisation. Grâce à des services comme Foursquare, GoWalla et bientôt Facebook Places il est possible de signaler (checker en anglais, ndlr) l’endroit où l'on se trouve au moment où on y est. Facilitant ainsi la tâche de n'importe qui souhaiterait vous trouver. «Je ne check plus que dans des lieux pro au bureau ou sur un salon, et dans certains lieux publics, mais que je choisis», explique Capucine Piot. «Je tiens trop à ma vie privée, il y a un côté bien trop... intrusif dans le procédé, qui me déplaît violemment, remarque Deedee. J’ai l'impression d'être un pigeon que l'on cherche à baguer!»