«L'Hadopi vous souhaite bonne route sur l'Internet»

WEB La campagne de la Haute autorité commence ce week-end aux péages d'autoroute...

Charlotte Pudlowski

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Dépliant Hadopi
Dépliant Hadopi — DR

Vous êtes en voiture, vous rentrez détendu de vacances, vaguement bronzé, les lunettes de soleil encore sur le nez. C’est dans ces instants fébriles que l’Hadopi a décidé de vous saisir avec ses dépliants. Aux péages ce week-end du 20 août, les caissiers de péages vous demanderont certes de payer le trajet, mais vous proposerons aussi de prendre le petit dépliant prévu par la Haute Autorité.
 
260.000 dépliants - soit 830.000 contacts potentiels selon le communiqué – assez pédagogiques. Ils montrent quelles sont les conséquences potentielles, et le déroulement de la procédure, depuis le premier avertissement jusqu’à une peine potentielle (1.500 euros d’amende et la suspension de la connexion à l’Internet).
 
Quelle efficacité?
 
La communication de l’Hadopi est fondamentale, puisque la loi se veut dissuasive. C’est parce que les gens craindront la sanction, qu’ils se garderont de télécharger. Un sondage Ifop réalisé en juillet posait la question suivante: «Dans l’hypothèse où vous auriez l’habitude de télécharger illégalement, risquer la suspension de votre abonnement ou une amende de 1.500 euros vous ferait-il renoncer à cette pratique?». 69% des Français avaient répondu oui. Le but des dépliants est évidemment de montrer que ce risque de suspension existe; néanmoins, ils ne présentent pas du tout l’Hadopi comme une instance punitive. Cela entre dans la logique qui la montre comme un «outil pédagogique».
 
Le dépliant omet simplement de souligner que sur la majorité des procès-verbaux rédigés ne pourra pas être traitée, puisque l’Autorité en recevra environ 50.000 chaque jour, et n’aura que 3 personnes pour s’en charger. Dès lors, les internautes estimeront-ils que le risque de voir leur abonnement est assez grand pour être dissuasif ? Réponse à venir.