WikiLeaks devrait dévoiler une nouvelle vidéo d’opération américaine sanglante

WEB Cette annonce vise à protéger Julian Assange et son site...

Charlotte Pudlowski

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Capture d'écran de la vidéo diffusée par le site Wikileaks montrant un raid d'un hélicoptère de l'armée américaine.
Capture d'écran de la vidéo diffusée par le site Wikileaks montrant un raid d'un hélicoptère de l'armée américaine. — DR

Wikileaks fait du teasing: attention vidéo sanglante à venir. Le site, qui met en ligne des documents ultraconfidentiels ou sensibles, a annoncé qu'il dévoilerait bientôt la vidéo de l'une des attaques les plus meurtrières perpétrées en Afghanistan, et où de nombreux enfants ont trouvé la mort.
 
Avec cette annonce, WikiLeaks se protège. La divulgation d'une vidéo le 5 avril dernier, montrant deux journalistes de Reuters se faisant tuer par l'armée américaine, avec 10 autres civils, en Irak en 2007, a placé Wikileaks dans le viseur du gouvernement américain. Un site, qui repose sur les informations fournies par
les internautes pour atteindre une certaine transparence, n'est pas fait pour plaire aux hautes sphères américaines: elles préféreraient garder certains agissements secrets.
 
Les autorités ont d'ailleurs pris les mesures nécessaires pour dissuader les internautes de confier leurs informations. Bradley Manning, jeune soldat de 22 ans affecté aux services de renseignements américains, où il était notamment chargé du stockage de données dites sensibles, vient d'être arrêté. Il a avoué avoir fait fuiter l'information sur la vidéo de Bagdad.
 
Julian Assange, recherché
 
Depuis quelques temps, le Pentagone recherche aussi Julian Assange, fondateur de Wikileaks. Le département de la Défense américain craint qu'il ne soit sur le point de publier une énorme quantité d'informations qui mettraient en danger la sécurité intérieure du pays. S'ils le trouvent, il n'est pas dit qu'ils puissent faire grand chose.
Les serveurs de Wikileaks sont basés en Suède.
 
Julian Assange ne semble pas avoir très envie de négocier avec les autorités. Dans un e-mail, il a appelé ses soutiens à protéger le site d'une
attaque des autorités. Il a aussi annulé sa venue à Las Vegas la semaine dernière. Assange pense aussi être surveillé de près par les autorités
d'Australie (son pays d'origine), où il s'est récemment vu confisquer son passeport provisoirement, à l'arrivée à la douane. Si les dires d'Assange sont à prendre avec précaution (il passe pour un paranoïaque aux yeux de certains), Daniel Ellsberg, ancien analyste américain connu pour l'affaire des Pentagon Papers (sorte de pré-Watergate), estime cependant que la vie du fondateur de Wikileaks pourrait être en danger. Et qu'il ferait mieux de rester loin du sol américain.
 
Auto-Protection
 
Plus on parlera de Wikileaks, plus Assange et son site seront à l'abri de toutes pressions américaines. L'annonce de la vidéo afghane intervient alors.
 
Elle est encore en phase de décryptage, et montrera le bombardement du village afghan Garani, en mai 2009. 140 civils y ont trouvé la mort, dont 92 enfants. Le gouvernement américain a d'ailleurs admis que des «erreurs» avaient été commises pendant l'opération. Deux militaires ont confié à la presse que personne n'avait vérifié si des enfants se trouvaient dans la zone.
 
La vidéo pourrait être très embarrassante pour les Etats-Unis, et risque d'affaiblir les relations avec Kaboul.