Facebook: Passé au grill sur les questions de vie privée, Mark Zuckerberg tombe le sweat

WEB Lors de la conférence D8, le jeune PDG était visiblement mal à l'aise...

Philippe Berry

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Le PDG de Facebook Mark Zuckerberg (en 2008 et 2009)
Le PDG de Facebook Mark Zuckerberg (en 2008 et 2009) — REUTERS/K.WHITE/K.WHITE

De notre correspondant à Los Angeles

Mark Zuckerberg, 26 ans, n'a jamais été le roi de la présentation. Mercredi soir, lors de la conférence du Wall Street Journal D8, il a montré qu'il était encore pire en interview. Evasif et confus quand il a fallu aborder les récentes polémiques, il transpirait tellement qu'il a fini par enlever son fameux «hoodie» (sweat à capuche).

>> Le portrait des deux visages de Mark Zuckerberg, c'est à lire ici 

 

«Je n'enlève jamais mon sweat», plaisante-t-il, avant de changer d'avis quand il réalise l'étendue des dégâts après s'être épongé le front. «C'est un grand moment dans l'histoire de l'Internet», s'amuse la journaliste Kara Swisher. Alors que le jeune PDG lutte avec son micro, elle lui lance, comme à un gamin: «On ne te crie même pas après».

«Oh my God, c'est comme une secte secrète», s'exclame-t-elle en découvrant un imprimé à l'intérieur du hoodie, accompagné du slogan fondateur de Facebook, «Rendre le monde plus ouvert et connecté». C'est déjà mieux que les premières cartes visites de «Zuck» dont certaines disaient «I'm the CEO, bitch» («C'est moi le boss»).

«J'ai fait un paquet de trucs stupides»

Anecdote –assez surréaliste pour le PDG d'une entreprise évaluée à 20 milliards de dollars– mise à part, il n'a pas apporté de réponse claire sur ses vues concernant la vie privée à l'heure du web 2.0. «Quand j'avais 18 ou 19 ans, j'ai fait un paquet de trucs stupides. Mais les choses ont changé depuis que nous avons bâti ce service dans un dortoir pour désormais toucher 500 millions de personnes», a-t-il raconté, faisant allusions aux premiers jours sulfureux de Facebook.

Le journaliste Walt Mossberg ne le laisse pas esquiver. Il insiste et lui demande pourquoi ne pas proposer les nouvelles fonctionnalités (comme les plugin sociaux ou la «personnalisation instantanée» via lesquels Facebook partage des données avec des sites partenaires sans l'autorisation de l'utilisateur) sur un mode de l'inscription volontaire. Zuckerberg évoque un changement de paradigme, rappelant que lors de l'introduction des flux (news feed), beaucoup avaient protesté. Le système fait désormais parti du coeur de Facebook. «Dans quelques années, on se demandera sûrement comment on faisait à l'époque où les sites n'étaient pas personnalisés», estime-t-il.

En somme, Facebook est juste en avance sur son temps.