Jean-Louis Masson: «Il faut bien que quelqu'un assure la responsabilité pénale»

WEB Le sénateur, critiqué pour son projet de loi demandant une «levée de l'anonymat» sur internet, répond à 20minutes.fr...

Propos receuillis par Charlotte Pudlowski
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Pourquoi avez-vous proposé ce projet de loi?
Parce que dans la presse écrite, il y a des règles, qui protègent les victimes de propos déloyaux, diffamatoires, etc. Et ces règles n'existent pas sur Internet. Certes on peut retrouver les gens d'une manière ou d'une autre, mais c'est très compliqué, cela coûte beaucoup d'argent et de temps. Si l'on fait condamner quelqu'un, c'est au bout d'un an. Au bout d'un an, ça n'a plus de sens. Du coup il y a peu de plaintes pour diffamation. Mais s'il y a des règles pour la presse écrite, je ne vois pas pourquoi il n'y en aurait pas pour le web.

Pourtant, il y a aussi une possibilité d'anonymat sur le papier. Il y en a toujours eu.
Oui, mais c'est alors l'éditeur qui est responsable. Sur un blog, qui est responsable?  Un mail, c'est l'équivalent d'une lettre, c'est privé. Un blog, c'est l'équivalent d'un journal papier.  

Blogueur ou journaliste, pour vous c'est la même chose?
Je n'ai pas dit ça. Je dis que c'est la même logique, que c'est l'équivalent. Le blogueur diffuse de l’information; quand on diffuse de l’information, on doit être tenu responsable, que ce soit un blog ou un journal. Si vous êtes anonyme, on ne peut pas vous poursuivre. Il faut que quelqu'un assure une liberté pénale.

Que pensez-vous des blogueurs qui estiment que ce projet de loi attenterait à la liberté d'expression?
Personne ne veut empêcher un blogueur ou qui que ce soit de parler; moi je dis qu'il faut s’assumer. Le blogueur, ou il a quelque chose à cacher et je comprends qu’il veuille rester anonyme. Ou il ne fait rien de mal, et il peut s'assumer. Dans la presse chacun assume ses propos.

Est-ce que vous n''avez-vous pas l'impression de rentrer dans la critique d'internet, d'une classe politique qui n'hésite pas à fustiger le web, souvent parce qu'elle le connait mal?
C’est pas une historie de connaître ou de pas connaître Internet. Si vous injuriez quelqu'un, il faut que vous puissiez être tenu responsable. Si vous êtes injuriés, il faut que la personne qui se le permet puisse être condamnée, c'est tout. Enormément de gens me félicitent dans la rue, en Moselle pour ma proposition. Le citoyen de base statistiquement, il souhaite généralement des gardes-fous.