Facebook va-t-il faire marche arrière sur la vie privée?

WEB Face à la grogne, le réseau social devrait proposer un contrôle des données personnelles plus simple...

Philippe Berry

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Même si certains résistent encore par principe, la plupart des recruteurs n'hésitent plus à chercher sur internet des informations personnelles sur les postulants à un emploi.stra.
Même si certains résistent encore par principe, la plupart des recruteurs n'hésitent plus à chercher sur internet des informations personnelles sur les postulants à un emploi.stra. — Leon Neal AFP/Archives

Facebook a toutes les raisons de faire la fête. Sous peu, le réseau va passer le cap du demi-milliard d'utilisateurs. Ses boutons «like» fleurissent et étendent sa présence sur tout le web. La compagnie est valorisée à 20 milliards de dollars, ses revenus décollent et pourraient exploser en 2011. Oui mais voilà: la fête pourrait bien être gâchée, par une épine nommée vie privée.

«Nos utilisateur nous ont dit que les réglages sont devenus un peu trop complexes», a confié le Monsieur vie privée de Facebook, Tim Sparapani, mardi. «Je pense que nous allons travailler la-dessus. Nous allons proposer des options pour les utilisateurs qui veulent des contrôles plus simples entre lesquels choisir, et je pense que nous allons proposer cela dans les deux prochaines semaines», précise-t-il.

Des réglages par défaut polémiques

Peu de détails pour l'instant. On peut imaginer un choix entre différentes catégories (profil privé, semi-privé et public), qui réglerait toutes les options d'un coup, en parallèle du système «au cas par cas» actuel.

Depuis la refonte printanière, choisir les informations que l'on décide de partager publiquement ou uniquement avec ses amis donne en effet presque autant mal à la tête que de faire sa déclaration d'impôts. Mais surtout, Facebook –pour qui les informations sur les utilisateurs sont une potentielle manne publicitaire– propose par défaut aux nouveaux membres des réglages publics, tendance exhibitionnistes. Le dernier bug sur des conversations privées pas si privées que ça n'a rien arrangé. Sans parler du film de David Fincher The Social Network (attendu pour octobre) sur la fondation sulfureuse de Facebook, qui devrait présenter le PDG Mark Zuckerberg comme un opportuniste sans morale ni éthique.

Pressions de tout les côtés

Du coup, la colère monte. Deux Canadiens ont fait du 31 mai le «quit facebook day» (ils n'ont pour l'instant séduit que 6.000 utilisateurs). Les groupes type «Marre que Facebook partage mes données» se multiplient, et les politiques se penchent sur le roi des réseau sociaux.

Les autorités européennes ont publié une lettre, estimant que les derniers changements étaient «inacceptables». La Canada a également entamé un combat et quatre sénateurs américains ont fait de Facebook l'ennemi numéro 1.

Attaqué de tous les côtés, Facebook aurait organisé une réunion de crise au plus haut niveau. Selon le Wall Street Journal, plusieurs cadres seraient allés au clash avec Mark Zuckerberg, qui, selon plusieurs sources internes, «ne croit pas» au concept de la vie privée sur le web.

Quand on est le roi des réseaux sociaux, la roue peut parfois vite tourner –MySpace en sait quelque chose. Songez-vous à quitter Facebook? Pour quel autre réseau? Dites-le nous dans les commentaires ci-dessous.