Toi aussi, passe des auditions sur Facebook

MUSIQUE Le label musical AZ lance à partir du 6 mai une série de «castings virtuels» via Facebook. Une première. Comment se préparent les aspirants musiciens?...

Capucine Cousin

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Page d'accueil de la page Facebook du casting organisé par AZ
Page d'accueil de la page Facebook du casting organisé par AZ — DR

Un casting pour être produit par un label musical, mené directement via Facebook, ça vous tente? Le dispositif peut sembler immatériel, mais le label AZ a sauté le pas. Pour repérer ses prochaines stars parmi une nuée d’artistes aspirants, il a choisi de faire une présélection en direct sur Facebook. Nom de code de l’opération: «Je veux signer chez AZ».

Du 6 mai au 10 juin, les chanteurs en herbe pourront télécharger sur la page Facebook dédiée deux morceaux, l’un en français, l’autre en anglais. Ils devront ensuite envoyer leur vidéo. La centaine de chanceux pré-sélectionnés pourront ensuite passer des auditions à l’Olympia devant un public de professionnels, du 24 au 26 juin et sur Facebook, où les internautes pourront voter. 40 candidats (groupes ou chanteurs) seront pré-sélectionnés. Dernière étape, la finale, qui aura lieu les 8 et 9 juillet. A la clé pour les gagnants, l’enregistrement d’un album chez AZ, et trois concerts en première partie d’un chanteur produit par le label, à l’Olympia.

Pas vraiment débutants

En fait, si le casting par vidéo est inédit, bon nombre de postulants sont déjà rompus à l’exercice. Ils sont déjà familiers des castings, et ont souvent déjà leur page Facebook et MySpace.

Cornélia a déjà passé plusieurs auditions, même pour la «Nouvelle Star».

Les quatre membres du groupe semi-professionnel White Niggaz, en trois ans d’existence, ont passé plusieurs castings, «dont pour la "Nouvelle Star"», raconte Cyril, un de leurs membres. L’avantage du casting via Facebook? «Jusqu’à présent, on devait passer plusieurs pré-castings avant d’accéder au vrai jury.Ici, on devra envoyer directement nos vidéos , on sera sur un pied d’égalité», poursuit Cyril. Le groupe compte se distinguer par la qualité technique de sa vidéo, qu’il enverra en HD.

Les postulants assurent la pub du label AZ

Sur la page «Fan de» sur Facebook, ouverte en ce début de semaine dernière, les commentaires et questions de chanteurs et groupes en herbe abondent. Beaucoup ont déjà leur page MySpace, leur Facebook… et s’entraînent. Cornélia, 19 ans, apprentie chanteuse, raconte: «Je chauffe ma voix, et je vais tourner ma vidéo avec une reprise. Après, je la posterai sur la page Facebook», raconte-t-elle.

Mais le vrai enjeu sera d’«avoir le plus de commentaires possibles sur ma vidéo. Du coup, j’assure la promo du casting auprès de mes amis et mes contacts Facebook», détaille la jeune femme, qui a sa page Facebook «pro». Même stratégie pour le groupe White Niggaz. Il faudra «parvenir à attirer le plus de votes et de commentaires d’internautes, sur la durée», analyse Cyril, des White Niggaz. Pour cela, le groupe compte sur son Skyblog ainsi que sur ses pages YouTube , Facebook et MySpace .

Car il faut à la fois avoir l’onction du public – un peu comme pour la «Nouvelle Star» – via des votes et des commentaires, et celle du jury. Et du même coup, les aspirants se chargent eux-mêmes d’assurer la promo de l’événement. En clair, c’est tout bénéf’ pour le label AZ.




Avoir sa page MySpace, out?

Il y a trois ans, tout groupe musical branché se devait d’avoir sa page MySpace, dans l’espoir d’être repéré par un label, comme ce fut le cas pour Mademoiselle K ou les Arctic Monkeys. Aujourd’hui, ça ne suffit plus.

«Les groupes doivent attirer l’attention de maisons de disques qui ont beaucoup restreint leurs investissements face à la crise du disque. Elles ont signé seulement 40 contrats en 2009», explique à 20minutes.fr Denis Ladeguaillerie, patron du label de musique numérique Believe, par ailleurs à l’origine de la plateforme Zimbalam.

Les réseaux sociaux offrent un accès immédiat à leurs albums, au grand public comme aux labels. Du coup, un artiste se doit aujourd’hui d’être «sur Facebook, YouTube, MySpace, Dailymotion, voire MyMajorCompany», estime Denis Ladeguaillerie.

Mais aussi sur des plateformes de téléchargement (légal) et d’écoute en streaming. Le top : «iTunes, la France étant le premier pays au monde à y acheter de la musique, Deezer, Shazam, Fnacmusic, VirginMusic, et l'offre intégrée d’Orange», d’après notre expert.