Les plans de Facebook pour conquérir le monde

RESEAU SOCIAL Mark Zuckerberg a donné la coup d'envoi de la conférence F8...

Philippe Berry

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Facebook veut interconnecter les graphes sociaux
Facebook veut interconnecter les graphes sociaux — DR

De notre correspondant à Los Angeles

Tout le web dans Facebook, et Facebook partout sur le web. C'est est la vision dessinée par le fondateur du réseau, mercredi à San Francisco. En jean et sweat à capuche, Mark Zuckerberg –25 ans et toujours aussi nerveux sur scène– a présenté de nouvelles fonctionnalités pour faire de Facebook le ciment liant du web. Certains possibilités sont excitantes. D'autres inquiétantes.

Se connecter partout avec son compte Facebook
Fini l'anonymat. «Zuck» veut que vous vous connectiez partout sous votre identité Facebook. Lancé il y a un an, Facebook Connect compte déjà plus de 100 millions d'utilisateurs. Sites d'infos, de cinéma, de cuisine ou de musique, peu importe: l'idée est d'éviter de devoir créer un profil/login par site et d'utiliser directement son profil Facebook. Le service va être étendu et simplifié pour que l'utilisateur puisse donner son autorisation en un clic. En face, Google, Microsoft ou MySpace soutiennent des solutions similaires mais ouvertes comme celle de Meebo. Avec 400 millions d'utilisateurs, Facebook a clairement l'avantage.

Facebook Connect nécessite que l'utilisateur l'autorise explicitement. Mais Zuckerberg supprime cette étape avec –pour commencer– «trois partenaires de confiance» (Yelp, Microsoft Docs et Pandora). «Si vous êtes connectés à Facebook et allez sur Pandora pour la première fois, il peut jouer directement des titres de groupes que vous aimez» sur Facebook, explique son fondateur. Après le tollé sur la vie privée de son service Beacon, reste à voir de quelles précautions s'entourera le site. Autre point potentiellement d'inquiétude: les partenaires ne pouvaient jusqu'ici conserver les informations sur l'utilisateur que 24 heures; mais Facebook va lever cette restriction.

 

Des morceaux de Facebook sur tous les sites
Comme prévu, le bouton «like» universel débarque dès aujourd'hui. Facebook s'attend à en voir un milliard intégrés en 24 heures. Il suffit désormais au webmaster d'insérer une simple ligne de code. Un article ou un groupe de musique vous plait? En un clic, vous pouvez le partager sur votre wall Facebook. Mais la fonction est plus puissante que cela. Zuckerberg et son équipe ont présenté d'autres «plugin sociaux», pour semer des miettes de Facebook partout sur le web. Vos amis «aiment» un article sur CNN? Ils apparaîtront à côté de l'article. La boîte pourra même vous faire des recommandations, en utilisant vos centres d'intérêts déclarés. Une barre d'outil Facebook –similaire à celle présentée par Meebo lundi, placée en bas d'un site partenaire– sera également de la partie (pour, par exemple, discuter avec les contacts de son réseau connectés au même moment).

 

Des pages web structurées pour Facebook
C'est sans doute l'annonce la moins spectaculaire sur le papier, mais la plus importante sur le long terme. Avec son protocole Open Graph, Facebook s'aventure sur le terrain du web sémantique (non plus basé simplement sur des liens abstraits mais sur des objets de différents types comme «film», «voiture», «acteur», «musicien», «bar»). Des sites comme Espn ou Imdb devraient commencer à intégrer ces balises dites «meta». Quelle utilisation? Vous cliquez sur «like» Le Parrain sur imdb. Jusqu'ici, un simple lien apparaissait dans votre flux Facebook. «Ephémère», juge Zuckerberg. Avec Open Graph, Facebook sera capable de «comprendre» que vous aimez un «film» et pourra automatiquement l'ajouter à la liste de vos long-métrages préférés. Si de nombreux sites s'y mettent, Facebook place là des pions stratégiques face à Google sur le terrain de la recherche sémantique.

 

Voyez-vous d'un bon œil l'influence de Facebook s'étendre sur le reste du web? Dites-le nous dans les commentaires ci-dessous.