L'iPad... oui mais pourquoi?

HIGH-TECH L’iPad n’est que le premier épisode de l'avènement des tablettes, qui «vont changer le monde», affirme le magazine «Wired». Oui, mais à quoi va-t-il servir au juste?...

Capucine Cousin

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L'iPad, la tablette dévoilée par Apple le 27 janvier 2010
L'iPad, la tablette dévoilée par Apple le 27 janvier 2010 — Apple

«Pourquoi la nouvelle génération de tablettes change tout»: dans un dossier de 12 pages, le magazine Wired, Bible des geeks, glorifie (forcément) l’iPad, et esquisse des pistes sur les nouveaux usages qu’il va engendrer, dont pour la nouvelle génération de tablettes (quelques dizaines attendues cette année). Mais au fait, à quoi sert l’iPad, attendu pour fin mai en France? Quels usages futurs de ces fameuses tablettes préfigure-t-il? Tour de piste prospectif.

A quoi sert l’iPad?

Cette fine tablette, qui ressemble à un gros iPhone, permet de naviguer sur le Web, recevoir ses e-mails, regarder des films, jouer à des jeux vidéos, la transformer en cadre photo numérique (pour diffuser ses photos), télécharger et lire des livres numériques grâce à la librairie numérique iBooks, et Apple a autorisé l'application Kindle, qui donne accès aux 450.000 livres d'Amazon.

En la matière, l’iPad et ses futurs concurrents risquent de ringardiser la liseuse numérique, d’autant que l’on peut très bien imaginer, un jour, que les livres pourront y être réactualisés en permanence.

Et bien sûr, lire la presse, alors que nombre de journaux et de magazines lancent leurs applications iPad (Paris-Match, Le Monde…).

Les utilisations dans le boulot? «Je l’utilise pour faire des petites présentations sous Notepad ou Powerpoint en réunions», poursuit Victor Jachimowicz. En revanche, difficile d’y voir un nouveau netbook ou un laptop: il faut compter 10$ pour le traitement de texte Pages (pour l’instant du moins), sa connectivité limitée (pas de port USB ni SD) ne permet pas d’y connecter un clavier (ce qui est possible, par exemple, sur la tablette Archos 9) ni d’imprimante… Cependant, les premières applis imprimante apparaissent.

Surtout, comme pour l’iPhone, on devrait voir débarquer de nouvelles applis – et les services qui vont avec: «des applis pratiques, dans les domaines de la santé, de la cuisine, de l’éducation, par métiers... vont créer de nouveaux usages», estime Eric Scherer, directeur de la stratégie à l'AFP. Car la quasi-totalité des applications iPhone fonctionneront sur l'iPad en version zoomée, mais l’iPad est un nouveau marché pour les développeurs d’applciations.

Un outil nomade?

Où pourra-t-on l’utiliser? Est-ce que ce sera un outil que l’on aura toujours avec soi, son téléphone mobile? Pas tout à fait. Déjà, Il ne sortira dans un premier temps qu’en version wifi, ce qui réduira les usages en mobilité, puisqu’il faudra être à proximité d’une borne wifi pour pouvoir se connecter. Il faudra attendre la version 3G (annoncée pour fin avril aux Etats-Unis) pour pouvoir réellement l’utiliser en mobilité. Du coup, en version wifi en tous cas, il sera plutôt dédié à une utilisation dans le salon. Et même, par exemple, faire office de télécommande, grâce à l’application iPhone/iPod/iPad Samsung TV Remote.

Et dans l’avion, le train ou le bus? Si sa légèreté (700 g) et son format réduit le rendent à priori plus pratique à utiliser dans les transports qu’un netbook, «les gens ne l’y exhiberont pas au début, par peur de se le faire faucher», estime Victor Jachimowicz, consultant indépendant.

Un outil grand public?

C’est la question cruciale. Une fois l’engouement des débuts passé, comme toute innovation, il faudra qu’il dépasse la cible des early adopters et des geeks pour devenir mainstream, y compris auprès des ados, une des principales cibles. C’est pas gagné, vus les prix annoncés - de 499 à 829 dollars (et à priori 549€ en Europe pour l’iPad 16Go Wifi).

Sans compter les coûts des applis iPad: plusieurs développeurs interrogés par la BBC, qui vendent des jeux à 0,79 euro sur l'iPhone, prévoient de lancer des versions spécialement adaptées à l'iPad au double, voire au triple du prix. Après tout, il a fallu 2 ans pour que les ventes de l’iPhone, lancé en novembre 2007, explosent en France. Grâce, notamment, aux promos de fêtes de fin d’année de 2009.