Twitter et la grippe A: Ange ou démon?

INTERNET Pour l'OMS, les tweets ont semé la confusion. Mais des chercheurs étudient la possibilité d'utiliser la réactivité du site de microblogging...

J. M. avec agence

— 

La nouvelle page d'accueil de Twitter, lancée le 29 juillet 2009
La nouvelle page d'accueil de Twitter, lancée le 29 juillet 2009 — DR

Décidément, le Web a bon dos. Déjà accusés de faire courir des rumeurs crasses, les réseaux sociaux, Twitter en tête, auraient cette fois perturbé la communication autour de la pandémie de grippe A (H1N1), à en croire l'OMS. Pourtant, des chercheurs anglais étudient la possibilité d'utiliser le réseau de microblogging comme un système d'alerte en cas d'épidémie.

«Confusion»

Il y a eu «des informations, des rumeurs, beaucoup de spéculations et des critiques dans de nombreux supports» médiatiques, a déploré le conseiller spécial pour les grippes de l'OMS, Keiji Fukuda, revenant sur les difficultés rencontrées par l'organisation dans sa communication sur la pandémie, et la «confusion» qui l'a entourée. «Les campagnes anti-vaccination ont compliqué la tâche des services de santé publique», a aussi regretté le spécialiste.

Mais du côté de la City University de Londres, une équipe de chercheurs voit davantage en Twitter un allié dans la gestion des épidémies à venir. Une idée qui part d'une constatation simple: entre mai et décembre 2009, environ 3 millions de tweets en anglais contenaient le mot «grippe».

Connaître les inquiétudes de la population

Les chercheurs veulent établir «si ces données sont utilisables comme système d'alerte en amont», c'est-à-dire avant que les malades n'aillent consulter leur médecin, a détaillé Patty Kostkova, responsable de l'étude. «Comme c'est un média en temps réel, cela pourrait permettre une réponse immédiate» des autorités sanitaires en cas de besoin, a-t-elle ajouté.

Patty Kostkova reconnaît qu'il y a beaucoup de tweets parasites, mais persite à croire que l'étude des messages sur Twitter permet de connaître les inquiétudes de la population et peut être intéressant pour détecter le début d'une épidémie. Les moyens de surveillance existants restent toutefois, selon elle, les meilleurs pour assurer le suivi.