Une sale histoire de couscous empoisonne la vie du Front national

GRAINE Florian Philippot a commandé un « Royal Boulettes », et là, tout a dérapé…

Benjamin Chapon
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Florian Philippot
Florian Philippot — Benjamin CREMEL / AFP

Y aura-t-il un avant et un après « couscous de Strasbourg » pour le Front national ? L’histoire retiendra-t-elle que la belle unité du parti d’extrême droite a volé en éclats à cause du « CouscousGate » ?

Retour sur les faits. Le mercredi 13 septembre, une militante frontiste a publié un tweet montrant Florian Philippot et plusieurs cadres du parti, proches de sa ligne politique, partageant un copieux couscous dans un restaurant de Strasbourg.

A partir de là, de nombreux militants et sympathisants du Front national se sont déchaînés contre ce qu’ils considèrent comme un crime de lèse gastronomie nationale, dans une série de tweets suivie par Buzzfeed. Manger un couscous serait la preuve d’un manque de patriotisme, voire d’une dérive islamo-gauchiste et d’une trahison à l’égard de Marine Le Pen.

Merguez et boulettes

Le vice-président du FN est depuis plusieurs mois la cible privilégiée de certains frontistes qui lui reprochent sa ligne politique « sociale » et une forme de trahison des fondamentaux du mouvement. D’autres estiment que Florian Philippot voudrait précipiter la chute de Marine Le Pen et aurait avancé ses pions avec la création de son think tank Les Patriotes.

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Que vient faire le couscous dans cette histoire ? Cette photo serait, selon les opposants à Florian Philippot, une provocation de « troll islamo-gauchiste ». Sur les terres de la choucroute, le vice-président du Front national ose manger un plat originaire du Maghreb. Et pourquoi pas un kebab ? Un dhal ? Un TIRAMISU ? ! ?

Le progressisme par la graine

Sophie Montel, proche de Florian Philippot et présente sur la photo, a réagi à la polémique : « Le #couscousgate montre que notre famille politique a encore beaucoup à faire avant la victoire. Merci à ceux qui ont refusé l’obscurantisme. »

L’ex-présidente du groupe FN en Bourgogne-Franche-Comté, qui avait dû quitter son poste après avoir critiqué la fin de campagne présidentielle de Marine Le Pen n’est en revanche pas revenue sur les arguments culinaires échangés, avec plus ou moins de politesse, par les deux camps depuis deux jours.